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À La Une - Syrie

Washington pourrait bientôt appeler Assad à partir

Obama et Erdogan évoquent la nécessité d'une "transition"  ; Abdel Karim Rihaoui arrêté.

A Hama, les bâtiments portent les marques des violents combats qui se sont déroulés dans la ville. Photo Sana/

Le régime syrien, imperturbable face aux protestations internationales, a encore envoyé ses troupes jeudi pour réprimer la contestation populaire, tuant 14 civils. Au lendemain de son retrait de la ville rebelle de Hama, que le régime a voulu faire plier après d'immenses rassemblements, l'armée est intervenue à Qousseir, dans la province de Homs (centre) et à Saraqeb, dans celle d'Idleb (nord-ouest), selon des militants. A Qousseir, des dizaines de chars ont pénétré à l'aube et au moins 11 civils ont été tués, des dizaines d'autres blessés et une centaine de personnes ont été arrêtées, selon un militant à Homs, ville à la pointe de la contestation où 17 personnes avaient été tuées mercredi. "Les habitants ont fui à travers champs et toutes les communications sont coupées avec la ville", a-t-il expliqué.
Dans l'est du pays, à Deir Ezzor, au moins trois personnes ont été tuées par des tirs des forces de sécurité dans le quartier d'Al-Matar et plusieurs maisons ont été incendiées, a indiqué Rami Abdel Rahmane, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Dans la province d'Idleb, des chars de l'armée et des véhicules de transport de troupes accompagnés de bus transportant des forces de sécurité ont pénétré dans Saraqeb, a ajouté M. Abdel Rahmane. Les troupes ont pris position dans le centre, procédé à d'importantes perquisitions et arrêté "plus de 100 personnes dont 35 enfants", a-t-il expliqué. L'électricité a été coupée dans cette localité où des manifestants défilaient chaque soir pour réclamer la chute du régime. Mercredi, l'armée avait pourtant annoncé son retrait de cette région.

Hama, elle, était silencieuse au lendemain du retrait de l'armée syrienne et seules quelques personnes étaient visibles jeudi dans les rues de cette localité, a constaté un journaliste de l'agence turque Anatolie en visite jeudi dans la ville après une visite mercredi de l'ambassadeur de Turquie à la suite d'un accord entre la Turquie et la Syrie. Presque tous les magasins étaient fermés tandis que des soldats syriens étaient postés dans les rues, selon l'agence. La plupart des habitants de Hama ont refusé de parler aux journalistes, a indiqué Anatolie. Des véhicules carbonisés encombraient les bas-côtés des rues tandis que les murs de nombreux immeubles présentaient des trous causés par les tirs, selon le journaliste d'Anatolie. Des points de contrôle étaient installés partout dans la ville.

Les arrestations comme la répression se sont poursuivies, s'attaquant à la "tête de la pyramide", Abdel Karim Rihaoui, le président de la Ligue syrienne des droits de l'Homme. Son arrestation a eu lieu vers 15h00 (12h00 GMT) au café Havana, dans la capitale syrienne. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme a annoncé son arrestation à l'AFP, citant un militant qui se trouvait également dans ce café au moment de l'interpellation de M. Rihaoui. Agé de 43 ans, M. Rihaoui dirige la Ligue syrienne des droits de l'Homme depuis 2004. Militant très actif, plus particulièrement depuis le début mi-mars de la révolte populaire contre le régime du président Bachar el-Assad, il n'avait jamais été arrêté auparavant.

Mercredi, une semaine après une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie, le sous-secrétaire général de l'ONU Oscar Taranco, rendant compte de la situation sur place, a parlé d'exécutions sommaires et de défections de soldats, ont rapporté des diplomates. M. Taranco a décrit des "violations choquantes des droits de l'Homme", a indiqué Philip Parham, l'ambassadeur britannique adjoint, alors que l'ambassadrice américaine Susan Rice a assuré que des milliers d'innocents avaient été "tués de sang-froid" en Syrie.
Malgré tout, la contestation ne s’essouffle pas. En plus des défilés quotidiens pendant le mois sacré du ramadan, les militants ont appelé sur Facebook à une forte mobilisation vendredi, autour du slogan "Nous ne nous soumettrons qu'à Dieu".

En face, le régime de Bachar el-Assad ne fléchit pas, malgré les nouvelles sanctions américaines, les missions à Damas d'un émissaire turc puis d'une délégation de trois pays membres non permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan ont évoqué au cours d'une conversation téléphonique la nécessité d'une "transition démocratique" en Syrie, a annoncé jeudi la Maison Blanche.
Les deux hommes "ont souligné l'urgence de la situation, réitéré leur profonde préoccupation concernant l'usage de la violence par le gouvernement syrien contre les civils et leur conviction de la nécessité de répondre à l'exigence légitime d'une transition démocratique de la part du peuple syrien", indique la présidence américaine dans un communiqué.

D'un autre côté, un responsable américain a déclaré que Washington envisageait d'appeler Bachar el-Assad à quitter le pouvoir. Il a confié à l'AFP que l'administration américaine est désormais prête à changer d'attitude. "Le moment de cet appel est encore sujet à débat", a précisé ce responsable sous couvert d'anonymat, ajoutant que cette annonce pourrait intervenir la semaine prochaine. Selon un autre responsable américain, l'administration américaine pourrait lancer son appel dès jeudi. Jusqu'à présent, les Etats-Unis n'ont pas explicitement exhorté le président syrien à partir, à l'inverse de leurs appels en ce sens au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Par ailleurs, l'ambassadeur des Etats-Unis en Syrie a informé le ministère syrien des Affaires étrangères de la possibilité de nouvelles sanctions si les violences ne cessent pas dans le pays, a précisé Victoria Nuland, porte-parole de la diplomatie américaine.

D'autre part, le ministère tunisien des Affaires étrangères a appelé jeudi le gouvernement syrien ainsi que l'opposition et la société civile à "cesser immédiatement" les violences et à s'engager dans un "dialogue sérieux". "La Tunisie, le gouvernement et la population suivent avec beaucoup d'inquiétude et un profond regret les événements graves" en Syrie, a précisé le ministère dans un communiqué.

Le régime syrien, imperturbable face aux protestations internationales, a encore envoyé ses troupes jeudi pour réprimer la contestation populaire, tuant 14 civils. Au lendemain de son retrait de la ville rebelle de Hama, que le régime a voulu faire plier après d'immenses rassemblements, l'armée est intervenue à Qousseir, dans la province de Homs (centre) et à Saraqeb, dans celle d'Idleb (nord-ouest), selon des militants. A Qousseir, des dizaines de chars ont pénétré à l'aube et au moins 11 civils ont été tués, des dizaines d'autres blessés et une centaine de personnes ont été arrêtées, selon un militant à Homs, ville à la pointe de la contestation où 17 personnes avaient été tuées mercredi. "Les habitants ont fui à travers champs et toutes les communications sont coupées avec la ville", a-t-il expliqué. Dans...
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