Par ailleurs, l’imam de la prestigieuse institution sunnite al-Azhar au Caire a dénoncé une situation « inacceptable » qui « a dépassé les limites ». La Jordanie, pays voisin de la Syrie et de l’Arabie saoudite, a elle aussi jugé « inquiétante » la situation en Syrie et espéré « des réformes pour sortir le pays de l’impasse ». Dans sa première réaction depuis le début de la contestation syrienne, la Ligue arabe avait demandé dimanche à Damas « à mettre fin immédiatement à tous les actes de violence et aux campagnes sécuritaires contre les civils ». Les États-Unis ont salué hier ces prises de position, se disant « encouragés » par le changement d’attitude des pays arabes envers la Syrie.
Dans une nouvelle tentative de convaincre le pouvoir de cesser la répression, le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu est attendu aujourd’hui mardi à Damas pour adresser un message fort aux autorités. La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton lui a d’ailleurs demandé de leur dire de « renvoyer les soldats dans leurs casernes ».
Le président Assad a, parallèlement à la répression, annoncé des réformes – élections libres, multipartisme, levée de l’état d’urgence –, mais sa crédibilité est fortement entamée et la violence de la répression a radicalisé les manifestants qui veulent désormais son départ. « En l’absence d’un arrêt de la répression violente, ces annonces (de réformes) ne peuvent avoir aucune crédibilité », a estimé le ministère italien des Affaires étrangères.
De son côté, la France s’est prononcée hier pour la mise en œuvre d’une « transition démocratique » en Syrie, jugeant qu’en raison de la « poursuite des atteintes massives aux droits de l’homme », « le temps de l’impunité est révolu pour les autorités syriennes ». Condamnant « la poursuite de la répression à grande échelle en Syrie, qui aurait fait une cinquantaine de morts hier (dimanche) à Deir ez-Zor et dans la région de Homs », Paris estime que celle-ci ainsi que l’arrestation samedi de Walid el-Bounni, figure de l’opposition démocratique syrienne, « ne permettent pas d’accorder un quelconque crédit aux nouvelles annonces faites par les autorités syriennes concernant la tenue de futures élections libres et transparentes, qui apparaissent ainsi comme une nouvelle manœuvre dilatoire ».
Parallèlement, l’Union européenne (UE) envisage de nouvelles sanctions contre la Syrie, après l’interdiction de visa et le gel d’avoirs visant une quarantaine d’individus et de sociétés proches du régime, a-t-on appris hier de sources diplomatiques. Selon un diplomate européen, certains États comme l’Allemagne ont lancé l’idée de sanctions économiques qui pourraient inclure un embargo sur le pétrole et le gaz. « Mais ce n’est qu’une idée » qui est loin de faire l’unanimité actuellement entre les 27, a précisé un autre diplomate.
(Source : AFP)


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