La dégradation de la note des Etats-Unis a créé une onde de choc au sein de la communauté financière. Andrea Comas, Madrid/
Les Bourses européennes se reprenaient mardi à la mi-journée, après avoir accusé de lourdes pertes en début de séance, dans un marché très volatil et nerveux. Les indicateurs mesurant la volatilité des marchés sont au plus haut depuis plus de deux ans mardi, se rapprochant des pics de la crise financière de 2008, tant en Europe qu'aux Etats-Unis. Malgré la mobilisation générale des dirigeants politiques, Barack Obama en tête, et des banquiers centraux de la planète, les marchés financiers peinaient à endiguer leur spirale de baisse.
Attendue au tournant, la banque centrale des Etats-Unis (Fed) a annoncé mardi qu'elle allait garder son taux d'intérêt directeur près de zéro "au moins jusqu'à mi-2013" et qu'elle envisageait de nouvelles mesures de relance pour aider l'économie.
La Fed a indiqué dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion d'un jour de son comité de politique monétaire que son taux d'intérêt directeur, maintenu entre 0% et 0,25% depuis décembre 2008, devrait rester à ce niveau au moins deux ans encore. C'est la première fois que la Fed prend un engagement aussi précis. Jusque-là, elle prévoyait de le maintenir à ce niveau "pendant une longue période". Sur les dix membres du comité de politique monétaire dotés d'un droit de vote, trois "se sont opposés à ce changement" La Fed a également indiqué que le comité avait réfléchi à de nouvelles mesures de relance. "Le comité a discuté de l'ensemble des outils politiques à sa disposition pour promouvoir une reprise économique plus forte dans un contexte de stabilité des prix", a-t-elle expliqué. Le détail des mesures envisagées n'a pas été fourni. Il pourrait apparaître dans le compte-rendu de cette réunion que la Fed doit publier fin août. Ces annonces ont été justifiées par une croissance "considérablement plus lente" qu'attendu et des risques qui "se sont accrus". "Les indicateurs montrent une détérioration de la conjoncture générale sur le marché de l'emploi ces derniers mois, et le taux de chômage a augmenté", a relevé la Fed. Le communiqué de la banque centrale ne comporte en revanche pas de mention de l'évolution récente des marchés financiers, mis à part pour relever la baisse "récemment" des prix des matières premières, qui devrait selon l'institution apaiser les pressions inflationnistes. Pour le moment, la Fed a décidé de maintenir la politique qui gouverne ses injections de liquidités dans le système financier: réinvestir quand les titres qu'elle détient parviennent à maturité, afin de garder un niveau constant de soutien à l'économie.
Dans un contexte général très fragile à cause des problèmes de dettes des deux côtés de l'Atlantique, la dégradation de la note des Etats-Unis par l'agence d'évaluation financière Standard & Poor's a créé une onde de choc au sein de la communauté financière.
Vers 14h20 (12h20 GMT), Londres était autour de l'équilibre à +0,08%, Francfort perdait 1,50% et Paris était en légère hausse de 0,70%, alors que Madrid cédait 0,23% et Milan montait de 0,33%. "Dans des phases de tension extrême, il est courant de voir de tels mouvements de montagnes russes", a commenté Renaud Murail, gérant d'actions chez Barclays Bourse.
Dans les pays arabes, la situation est un peu plus difficile. Les Bourses du Golfe ont chuté mardi dans le sillage des bourses mondiales. La Bourse de Dubaï a fini en baisse de 1,95% à 1 444,29 points, le géant immobilier Emaar cédant 2,83% et le groupe Btp Arabtec perdant 2,99%. Abou Dhabi, la deuxième Bourse des Emirats arabes unis, a reculé de 1,34% à 2 577,76 points. Tous les secteurs ont fini dans le rouge, celui de l'énergie accusant la plus grande perte (-3,93%). Le marché saoudien a limité ses pertes (- 0,81%) à 6 008,67 points, après avoir plongé de 4,27% à l'ouverture. Le secteur de la pétrochimie, qui reculait de 5,49% à l'ouverture, a limité ses pertes en terminant la séance à -1,05%. Les autres marchés du Golfe ont terminé la journée mardi dans le rouge. La Bourse du Qatar, le deuxième plus grand marché arabe, a terminé en recul de 1,76% à 8 070,69 points et celle du Koweït a cédé 1,25% à 5 882,2 points. La Bourse d'Oman a fermé aussi sur un recul de 2,42% à 5.894,02 points, et celle de Bahreïn a cédé 0,73% à 1.265,38 points à la clôture.
"On se laisse influencer totalement par les marchés mondiaux. Les Bourses locales ignorent les fondamentaux économiques de la région", a déploré l'analyste financier, Wadah Taha. "La panique est totale. Il y a une incapacité à comprendre la situation en Europe et aux Etats-Unis et à saisir leur possible impact sur les marchés régionaux", a-t-il ajouté. Bien que les prix du pétrole continuent leur baisse, M. Taha a estimé que l'impact sur les économies de la région, riche en pétrole, devrait être limité tant que les cours restent supérieurs aux prix retenus dans les budgets d'Etat. Les cours du pétrole étaient en forte baisse mardi matin dans les échanges électroniques en Asie et le baril de Brent est passé sous le seuil des 100 dollars. La confiance ne devrait revenir sur les marchés du Golfe que s'ils reçoivent des signaux forts sur des mesures sérieuses qui seront prises en Europe et aux Etats-Unis pour calmer les marchés internationaux, a-t-il ajouté
En Asie, après une ouverture en chute libre mardi- la Bourse de Séoul a perdu jusqu'à 10% - les marchés ont limité leur perte. Ainsi, Tokyo cédait 1,68% à la clôture, Shanghai terminait à l'équilibre tandis que Hong Kong cédait 5,66%. Sydney est parvenue même à repasser dans le vert, grâce à "une chasse aux bonnes affaires" qui voit les investisseurs profiter des prix bas pour acheter. "C'est un moment horrible, un jour sombre", a néanmoins déclaré Chris Weston, de chez IG Markets à Melbourne. "Les gens agissent dans l'émotion au lieu de regarder la situation de manière rationnelle. C'est une panique générale".
La veille, les Bourses mondiales avaient connu un lundi noir, New York a au final connu lundi sa pire séance depuis décembre 2008. Le Dow Jones a abandonné 5,55% pour finir à moins de 11 000 points, pour la première fois depuis dix mois.
Pour aller plus loin : le lexique de la crise boursière.
Attendue au tournant, la banque centrale des Etats-Unis (Fed) a annoncé mardi qu'elle allait garder son taux d'intérêt directeur près de zéro "au moins jusqu'à mi-2013" et qu'elle envisageait de nouvelles mesures de relance pour aider l'économie.
La Fed a indiqué dans un...

