L'option militaire semble être la seule option envisagée par le régime syrien qui a déployé, dimanche, ses chars dans la ville de Deir Ezzor où plus de 50 personnes ont péri. Photo tirée d'une vidéo Youtube./
Le président syrien Bachar el-Assad est plus isolé que jamais après le ralliement des Arabes aux critiques internationales contre la répression de la révolte, mais rien ne semble pouvoir arrêter la machine de guerre du régime qui a fait encore quatre morts lundi.
Pour la première fois depuis le début de la contestation populaire il y a près de cinq mois, le roi saoudien Abdallah a annoncé dimanche le rappel de son ambassadeur à Damas pour "consultations", incitant le régime syrien à "arrêter la machine de mort" "avant qu'il ne soit trop tard". La réponse syrienne n'a pas tardé à venir. Dans son édition de lundi, le quotidien syrien pro-régime al-Watan a considéré, que le communiqué du roi Abdallah d'Arabie est "plus proche d'une lettre de menace américaine que d'une lettre fraternelle". "Le roi d'Arabie ignore la réalité des faits et les preuves que ses frères syriens sont victimes d'un complot qui dépasse les discours", écrit le quotidien. Al-Watan ajoute que le communiqué du roi Abdallah "a omis de faire la moindre allusion aux groupes extrémistes et terroristes qui tentent de détruire l'unité de la Syrie comme il a omis de parler des parties qui financent et arment ces groupes d'autant plus qu'il a été prouvé que certains d'entre eux reçoivent leurs ordres de "cheikh" hébergés dans le royaume".
Rendant hommage à la décision du monarque, le Koweït a décidé une mesure similaire et rappelé, lundi, son ambassadeur à Damas pour protester contre la répression des manifestants syriens. "Nous avons décidé de rappeler notre ambassadeur en Syrie pour consultations", a déclaré à la presse le chef de la diplomatie, cheikh Mohammed al-Sabah. "Personne ne peut accepter l'effusion de sang en Syrie (...) L'option militaire doit cesser", a encore dit le ministre, qui a annoncé une prochaine réunion du Conseil de coopération du Golfe (CCG) au sujet de la Syrie.
Quelques heures plus tard, c'était au tour du Bahreïn d'annoncer le rappel de son ambassadeur. "Bahreïn a décidé de rappeler son ambassadeur à Damas pour consultation et appelle à la sagesse en Syrie", a déclaré le ministre bahreïni des Affaires étrangères, cheikh Khaled Ben Ahmad Al-Khalifa.
La prestigieuse institution sunnite d'Al-Azhar au Caire a également rompu le silence et appelé la Syrie à mettre fin à "l'effusion de sang", en estimant que "la situation a dépassé les limites". "Al-Azhar a longtemps patienté et évité de parler de la situation en Syrie en raison de sa sensibilité", a déclaré lundi l'imam d'Al-Azhar, Ahmed al-Tayyeb, dans un communiqué diffusé par l'agence officielle égyptienne Mena. "Il n'y a pas d'autre solution que de mettre fin à cette tragédie arabe et islamique", a-t-il ajouté.
Un message encore plus ferme est attendu d'une Turquie "à bout de patience", par la voix de son chef de la diplomatie Ahmet Davutoglu qui se rendra mardi à Damas. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a demandé à M. Davutoglu de dire au régime syrien de "renvoyer les soldats dans leurs casernes". Le Premier ministre turc Recep Tayep Erdogan a par ailleurs présidé une réunion sécuritaire pour discuter des développements en Syrie, a rapporté lundi la chaîne qatarie al-Jazira.
Après les sanctions imposées par l'Occident au régime Assad, et les appels de la Russie, du Conseil de sécurité de l'ONU et des monarchies du Golfe à cesser la répression, la Ligue arabe l'a également, et pour la première fois, exhorté dimanche à mettre "immédiatement" fin aux violences.
Des sources diplomatiques ont par ailleurs annoncé que l'Union européenne (UE) envisage de nouvelles sanctions contre la Syrie, après l'interdiction de visa et le gel d'avoirs visant une quarantaine d'individus et de sociétés proches du régime. Alors que l'extension des sanctions existantes à l'encontre de nouveaux individus et éventuellement de nouvelles sociétés est à l'étude, le service diplomatique européen a été chargé de préparer d'ici au début du mois de septembre "une liste d'options pour aller au-delà de ce qui est actuellement en vigueur", a indiqué un diplomate européen à l'AFP. Certains Etats, à l'instar de l'Allemagne, ont lancé l'idée de sanctions économiques qui pourraient inclure un embargo sur le pétrole et le gaz, a-t-il ajouté. D'autres, comme le Royaume-Uni, ont estimé que c'était une option à "considérer". "Mais ce n'est qu'une idée" qui est loin de faire l'unanimité actuellement entre les 27, a précisé un autre diplomate. A ce stade, lors des discussions entre ambassadeurs des 27 à Bruxelles, aucun pays ne s'est ouvertement opposé à des sanctions économiques, mais certains ont préféré plaider pour d'autres mesures, comme un embargo sur les "biens à double usage" susceptibles d'être détournés à des fins de répression, selon ces sources.
Pour la France, "le temps de l'impunité est révolu pour les autorités syriennes". "Une transition démocratique répondant aux aspirations légitimes de la population syrienne doit être mise en œuvre", a indiqué, lundi, Christine Fages, porte-parole ajointe du ministère des Affaires étrangères, lors d'un point presse.
Mais M. Assad reste sourd aux protestations et aux menaces. Son régime a rejeté les ingérences étrangères et accusé les médias internationaux, interdits de circuler librement en Syrie, de diffuser des "mensonges". Son régime refuse de reconnaître l'ampleur de la contestation et continue d'accuser des "hors-la-loi" de semer le chaos pour justifier le recours à la force. Parallèlement à la répression, M. Assad a annoncé des réformes -élections libres, multipartisme, levée de l'état d'urgence- mais sa crédibilité est fortement entamée aux niveaux international et interne et la violence de la répression a radicalisé les manifestants qui ne veulent rien moins que son départ.
Ainsi et au lendemain d'une nouvelle journée sanglante où l'armée a tué 54 civils, en grande majorité dans la ville de Deir Ezzor (nord-est), où les chars sont intervenus, lundi, quatre civils y ont péri. Une femme et ses deux enfants qui tentaient de fuir le quartier de Houaiqa ont été tués par une patrouille de la sécurité. Une femme âgée a également été tuée dans un autre secteur de la ville, selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observateur syrien des droits de l'homme. A Idleb (nord-ouest), des chars et des transports de troupes blindés ont pénétré dans la localité de Maaret al-Noumane et les forces ont procédé à une campagne d'arrestations, selon des témoins.
Malgré la répression, le mouvement de contestation ne s’essouffle pas. Pour le mois de jeûne musulman du ramadan, commencé le 1er août, les militants organisent des défilés quotidiennement après la prière du soir. Dans la nuit de dimanche, des manifestations appelant à la chute du régime ont eu lieu à Homs (centre) et Alep, deuxième ville du pays située dans le nord, selon des ONG.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Assad Laché?, pourquoi laché?? était-il soutenu par les "golfiens" que l'on sache?
15 h 22, le 08 août 2011