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Culture

Les petites nouvelles d’Élias Jabre sur le Net

Web culture Ses e-nouvelles sont classées au top des ventes de l’IBookstore en France, dépassant Guillaume Musso, S. J. Watson et Abby Green. Élias Jabre, jeune auteur français d’origine libanaise, semble avoir trouvé la formule qui marche : des histoires courtes, pimentées, inspirées du monde qui l’entoure et vendues à 0,99 euro seulement. Sur le Net.
08/08/2011
Dans la collection «OneShot de StoryLab», trois nouvelles signées Élias Jabre ont été publiées jusque-là et il «n’en a pas en réserve». Elles sont disponibles à travers les réseaux existants de distribution ebooks en France. Même succès retentissant pour les trois, classées au top des ventes des livres électroniques.
Absolut Barbarian Trip décrit une île paradisiaque où la fête sévit nuit et jour, et où se trame en douce un autre scénario moins réjouissant. Un psychopathe et demi tourne autour des angoisses d’un garçon prisonnier du couple infernal qu’il forme avec sa voisine, et La gaîté démente du poulet triomphant raconte les aventures de deux réalisateurs minables qui ne ratent aucune compromission pour tirer leur épingle du jeu. «Chacune de ces histoires sont liées, je crois. Elles mêlent toutes une sorte de jubilation à des évènements effroyables qui me sont inspirés par le monde où j’évolue», indique l’auteur.
Jabre est né au Liban, mais sa famille s’est très vite installée en France. Après des études de droit et un passage par la fiscalité internationale, il se passionne pour les nouvelles technologies.
Depuis le début des années 2000, il travaille dans l’édition numérique observant l’évolution rapide de ce secteur et les changements qu’il implique dans l’industrie des contenus. Aujourd’hui, il coordonne un projet de recherche développement appelé «Solen» chez «ePagine», dont la vocation est «d’apporter des solutions aux libraires traditionnels afin qu’ils puissent prendre le train en marche et proposer des alternatives aux “pure players” comme Apple, Amazon ou Google».
Quant à ses origines libanaises, il affirme qu’il porte «une double culture commune dans la France métissée d’aujourd’hui. Nous vivons un monde où les coordonnées sont multiples et fluctuantes, et nous sommes capables de l’habiter de différentes manières, ce qui ne signifie pas qu’il n’existe pas des conflits forts à croiser cette multiplicité de codes». Et d’ajouter: «Les nouvelles que j’ai écrites pour OneShot sont sans relation avec mes origines libanaises. Ce qui ne signifie pas que je ne suis pas pétri de ces couches profondes qui me servent également de matière pour écrire.»
Dans son premier roman, Immortalis (2004, Prix du roman fantastique du festival de Gérardmer) publié aux éditions du Masque, il s’était «amusé» à construire un récit d’anticipation autour de l’immortalité et de l’eugénisme en se jouant des codes du genre et en y mêlant de nombreux codes comme ceux des jeux vidéo ou des mangas.
Le voilà donc aujourd’hui qu’il se lance dans l’édition numérique. Et les petits formats. Comment et pourquoi s’est réalisé ce passage?
«Après Immortalis, j’ai bifurqué vers l’écriture de scénarios pendant plusieurs années, raconte Jabre. Ensuite, étant donné ma proximité forte avec le monde de l’édition numérique, il m’apparaissait évident que des formes d’écriture allaient naître ou retrouver une certaine popularité. Je ne comprenais pas que les nouvelles, par exemple, soient boudées par les éditeurs français traditionnels à quelques exceptions près, alors qu’elles constituent “une forme noble” aux États-Unis. Avec le numérique lié à la mobilité contemporaine, j’ai senti que cette forme pouvait retrouver toute sa place, et lorsque Storylab a été séduit par mes nouvelles, je leur ai proposé la collection OneShot.»
Storylab est une maison d’édition qui parie sur le numérique en proposant des contenus axés sur la mobilité à partir d’écriture de fictions à univers forts. C’est également un laboratoire d’expérimentation qui lance des opérations comme «PickPocket», un concours de photos prises sur iPhone mêlées à des microfictions d’auteurs. «Ils disposent d’un comité de lecture, l’un des fondateurs est éditeur, et la sélection s’opère comme ailleurs. Leur ligne éditoriale, des formats courts et, encore une fois, de la fiction souvent inspirée du cinéma ou des séries type HBO dont ils
raffolent.»
Comment Jabre définirait sa propre relation à l’édition numérique?
«Je suis l’édition numérique de près, presque de façon intime, grâce à mes différentes casquettes. Elle a déjà envahi des activités entières comme celle des avocats qui disposent désormais de toutes leurs références à travers des corpus dématérialisés. Quant à la littérature générale, il suffit de regarder ce qui se passe aux États-Unis: les ventes de ebooks viennent de dépasser celles des livres de poche. Mais il n’y aura pas au final de solution uniforme. Le eBook et le papier coexisteront, il faut juste s’attendre à une prolifération de nouveaux modèles qui concerneront également le livre papier.»
Quoi qu’il en soit, la formule petit format, petit prix, additionnée ici à un titre accrocheur et un récit divertissant, semble bien réussir à Élias Jabre.

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Farouk Amoudi

Chère Maya Ghandour,

Votre article sur Elias Jabre nous a beaucoup intéressés . L' édition numérique de nouvelles courtes semble bien pertinente et ouvre des perspectives pour les auteurs de ce genre littéraire.

Nous vous remercions vivement pour votre article- clair, précis et bien documenté-et qui a attiré notre attention sur ces avancées du e-book.

Très cordialement

Les amis et lecteurs de Elias Jabre

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