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Nos lecteurs ont la parole

Une démocratie menacée d’anémie

Charles AZAR
Le souffle démocratique reste présent dans l’esprit des Libanais mais est contesté par les idéologies passéistes ou réactionnaires qui n’acceptent pas vraiment l’égalité des hommes entre eux, ni leur vocation à la liberté et la fraternité sociale.
La cause principale de la fragilité de notre démocratie réside dans cette invasion de l’individualisme extrême du « chacun pour soi », fruit d’un libéralisme qui rejette toute contrainte et de la permissivité généralisée qui laisse chacun faire ce qui lui plaît. Vivant dans un imaginaire social où domine la peur de l’avenir, les Libanais, prisonniers de l’instant et de l’émotion, se crispent sur leurs avantages, demandent à l’État providence de les rassurer, de leur assurer des résultats immédiats.
Une autre cause est à rechercher dans l’exacerbation des différences, dans ces réflexes ethniques de groupes qui, se sentant menacés ou ignorés, recourent à la violence, veulent étouffer et exclure les autres. Pour éviter ces enfermements, une politique d’ouverture et d’animation transformera ces diversités en modes d’intégration sociale et de brassage culturel.
Notre démocratie a besoin de vertu de la part des dirigeants comme des citoyens eux-mêmes. Elle a besoin d’une éthique qui repose sur un système de valeurs essentielles : la liberté, la justice, le respect de la dignité des personnes ou ce que nous appelons le respect des droits de l’homme.
Il est également urgent de comprendre que les droits de chacun constituent un devoir pour tous. Chacun est porteur d’une fécondité sociale à valoriser. Passer du stade de citoyen consommateur à celui de citoyen acteur est un objectif majeur.

Charles AZAR
Le souffle démocratique reste présent dans l’esprit des Libanais mais est contesté par les idéologies passéistes ou réactionnaires qui n’acceptent pas vraiment l’égalité des hommes entre eux, ni leur vocation à la liberté et la fraternité sociale.La cause principale de la fragilité de notre démocratie réside dans cette invasion de l’individualisme extrême du « chacun pour soi », fruit d’un libéralisme qui rejette toute contrainte et de la permissivité généralisée qui laisse chacun faire ce qui lui plaît. Vivant dans un imaginaire social où domine la peur de l’avenir, les Libanais, prisonniers de l’instant et de l’émotion, se crispent sur leurs avantages, demandent à l’État providence de les rassurer, de leur assurer des résultats immédiats.Une autre cause est à rechercher dans...
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