Rechercher
Rechercher

À La Une - Discours

Mohammed VI du Maroc prône des législatives rapides

Le monarque se dit favorable à l'ouverture des frontières terrestres avec l'Algérie, fermées depuis 1994.

Le roi Mohammed VI, son frère le prince Moulay Rachid à ses côtés, prononce son discours à la nation. Photo MAP/

Dans un discours du trône très attendu face aux revendications de réformes qui secouent le Maroc et le monde arabe, le roi Mohammed VI s'est prononcé samedi pour des législatives rapides et pour une réouverture des frontières avec l'Algérie. Dans ce discours prononcé à Tanger, dans le nord du Maroc, pour le 12ème anniversaire de son intronisation, le roi a appelé à l'élection d'un nouveau parlement pour qu'un futur Premier ministre soit nommé au sein du parti vainqueur des prochaines élections. "Il importe de commencer par l'élection de la nouvelle Chambre des représentants, pour que nous procédions, sur la base des résultats du scrutin y afférent (...) à la nomination du chef de gouvernement, au sein du parti qui sera arrivé en tête de ces élections", a déclaré le roi. Il n'a pas précisé de calendrier pour ces législatives, dont la date est négociée entre le ministère de l'Intérieur et les partis, mais a averti que "tout atermoiement risque d'hypothéquer cette dynamique de confiance et de dilapider les opportunités qu'offre la nouvelle réforme". Il a également souhaité la formation prochaine d'un "nouveau gouvernement issu d'une majorité parlementaire solidaire et homogène".
S'adressant aux partis politiques, le souverain les a appelés "à redoubler d'efforts pour favoriser la réconciliation des citoyens, surtout les jeunes, avec l'action politique".
Ce sont les jeunes et les islamistes qui forment le gros des contestataires pro-démocratie. Malgré l'adoption de la réforme constitutionnelle, les jeunes du Mouvement du 20 février continuent de manifester régulièrement dans les grandes villes pour des changements politiques "profonds". Une révision constitutionnelle renforçant les pouvoirs du Premier ministre tout en préservant la prééminence du souverain a été adoptée à plus de 98% des Marocains, lors d'un référendum organisé le 1er juillet après plusieurs mois de manifestations de rue pacifiques.
Sur le plan diplomatique, Mohammed VI s'est dit favorable à l'ouverture des frontières terrestres avec l'Algérie, fermées depuis 1994, et à l'établissement "d'une nouvelle dynamique" entre les deux voisins du Maghreb. "Nous tenons à l'amorce d'une nouvelle dynamique ouverte sur le règlement de tous les problèmes en suspens, en prélude à une normalisation totale des relations bilatérales (...) y compris la réouverture des frontières terrestres", a dit le roi. "Cette démarche exclut tout immobilisme ou ostracisme incompatible avec les liens de bon voisinage, l'impératif d'intégration maghrébine et avec les attentes de la communauté internationale et de notre espace régional", a poursuivi Mohammed VI.
La frontière terrestre entre le Maroc et l'Algérie a été fermée en 1994 à la suite d'un attentat islamiste à Marrakech (sud du Maroc) que Rabat avait imputé aux services secrets algériens.
Dans un message adressé samedi au roi Mohammed VI, avant qu'il ne prononce son discours du trône, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a salué l'adoption de la nouvelle constitution et les réformes démocratiques. Le gouvernement algérien n'a pas immédiatement réagi sur la réouverture des frontières. Mais le porte-parole du Front de libération nationale (FLN), principal parti au pouvoir en Algérie, a minimisé la portée des déclarations de Mohammed VI. "Ce type de réaction intervient toujours comme des effets d'annonce mais sans rien de concret", a déclaré à l'AFP Kassa Aissi, rappelant que c'étaient les Marocains qui avaient "décidé de fermer" la frontière commune. "Au FLN, notre action s'inscrit toujours dans le cadre des relations avec le peuple marocain que nous souhaitons beaucoup plus fructueuses", a ajouté le porte-parole de cette formation qui partage le pouvoir au sein de l'Alliance présidentielle avec le Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia et le Mouvement pour la Société pour la Paix (MSP, islamiste). Aucune autre réaction n'a pu être obtenue auprès du gouvernement, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Amar Belani se contentant d'indiquer que la question devait encore être discutée.

Le roi du Maroc est "obsédé" par la réouverture des frontières avec l'Algérie, estime de son côté dimanche la presse algérienne qui s'étend peu sur le discours du trône prononcé la veille par Mohammed VI. Le roit croit "dur comme fer que l'argent des Algériens doit impérativement bénéficier aux populations de l'Est marocain et que les produits soutenus par le Trésor algérien doivent continuer à calmer la colère des Marocains", juge le quotidien libéral francophone Liberté.
"La question des frontières est perçue comme un échappatoire aux difficultés socio-économiques du Maroc", affirme encore Liberté qui ne parle du sujet que dans ses pages intérieures. Pour Le Soir d'Algérie le même thème est souligné: "Mohammed VI ou l'obsession des frontières", titre-t-il aussi en page intérieure. "Ce qui est nouveau en revanche, c'est sa volonté affichée de régler préalablement tous les problèmes en suspens", relève Le Soir tout comme son confrère Liberté, et c'est d'ailleurs la position d'Alger selon les deux quotidiens. Mais le quotidien arabophone Echorouk voit dans l'appel du roi "une autre tentative pour gêner l'Algérie devant l'opinion internationale". C'est la seconde fois en un mois que le roi évoque la réouverture des frontières, relève le journal, en référence au message du souverain chérifien en ce sens le 5 juillet à l'occasion de la fête nationale algérienne. Etonnamment, l'un des deux principaux quotidiens de langue française, El-Watan, ne mentionne même pas le discours du roi dimanche dont il avait fait pourtant état la veille dans son édition en ligne. Quant au Moudjahid, le journal du gouvernement algérien, il se contente de publier en dernière page le message de félicitations adressé par le président Abdelaziz Bouteflika au souverain marocain pour le 12e anniversaire de son accession au trône.

Rabat et Alger ont échangé au cours des derniers mois des visites de ministres, laissant augurer d'un réchauffement de leurs relations, longtemps contrariées par le problème toujours non résolu du Sahara occidental. Le Maroc a annexé l'ex-colonie espagnole en 1975 et propose aux Sahraouis l'autonomie sous sa souveraineté. Le Front Polisario, soutenu par Alger, réclame un référendum d'autodétermination sous l'égide de l'ONU, qui donnerait aux Sahraouis le choix entre trois options: indépendance, autonomie sous souveraineté marocaine ou rattachement au Maroc.

Dans un discours du trône très attendu face aux revendications de réformes qui secouent le Maroc et le monde arabe, le roi Mohammed VI s'est prononcé samedi pour des législatives rapides et pour une réouverture des frontières avec l'Algérie. Dans ce discours prononcé à Tanger, dans le nord du Maroc, pour le 12ème anniversaire de son intronisation, le roi a appelé à l'élection d'un nouveau parlement pour qu'un futur Premier ministre soit nommé au sein du parti vainqueur des prochaines élections. "Il importe de commencer par l'élection de la nouvelle Chambre des représentants, pour que nous procédions, sur la base des résultats du scrutin y afférent (...) à la nomination du chef de gouvernement, au sein du parti qui sera arrivé en tête de ces élections", a déclaré le roi. Il n'a pas précisé de calendrier pour...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut