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Nos lecteurs ont la parole

L’environnement, ce grand malade

Joseph W. ZOGHBI
Les détritus s’amoncellent partout. Des « montagnes poubelles » nauséabondes, porteuses de maladies et disgracieuses jonchent ici et là le territoire libanais. Même la mer, source de richesse pour notre pays, n’est pas épargnée. Les déchets sont charriés par les courants et s’échouent sur toute la côte et au-delà de nos côtes, et sont exportés vers d’autres rives de la Méditerranée, sans compter les millions de mètres cubes d’eau polluée déversés chaque jour et dans lesquels on patauge. Et encore, les plages, fréquentables ou non, rétrécissent à vue d’œil, comme peau de chagrin, à cause de projets immobiliers et autres bétonnages.
Le Liban, un pays touristique ? Laissez-moi rire. Une côte poubelle n’attire pas des touristes assoiffés de soleil et surtout d’une mer cristalline. Mon Dieu quel désastre ! La mer, qui a vu nos ancêtres les intrépides Phéniciens conquérir les marchés du monde antique et qui leur a donné la richesse grâce à la teinture pourpre royale extraite du murex, se meurt, et nous restons impuissants devant cette agonie. Nous sommes des « sauvages » qui exécutent une ressource naturelle à cause de notre égoïsme, malhonnêteté et manque de culture.
Il n’y a pas que l’eau de mer qui est polluée. Les nappes phréatiques le sont aussi, pour les mêmes raisons. Heureusement qu’il reste quelques sources de montagne qui sont encore, mais pour combien de temps, à l’abri des infiltrations d’eaux usées des fosses septiques et autres eaux insalubres.
L’air est tout aussi pollué à cause des tonnes de particules solides de CO2 et autres gaz nocifs répandues dans l’atmosphère par des millions de véhicules qui ne sont pas toujours conformes aux normes, par des milliers de générateurs électriques et des milliers d’industries non homologuées. L’exemple qui crève les yeux est la centrale électrique de Zouk , « la zouk machine ».
N’est-il pas temps au Liban de légiférer, voter et surtout appliquer des lois sur la pureté de l’air, de l’eau des nappes phréatiques et de la mer ? N’est-il pas temps d’élaborer un plan immédiat de triage des déchets solides obligatoirement dans toutes les municipalités libanaises et de faire pour les autres déchets des incinérateurs ou des dépotoirs aux normes ? Ou bien faudrait-il attendre pour que nous nagions littéralement dans la saleté, les bactéries et les microbes ?
Combien faut-il attendre pour qu’on nous impose d’être civilisés si nous ne voulons pas l’être de notre plein gré ?
Tout commence par l’éducation, sinon par la répression. Le jour où je ne verrai plus les passagers des voitures tout balancer par les fenêtres, ce sera une indication que la civilisation de la propreté a commencé.

Joseph W. ZOGHBI
Les détritus s’amoncellent partout. Des « montagnes poubelles » nauséabondes, porteuses de maladies et disgracieuses jonchent ici et là le territoire libanais. Même la mer, source de richesse pour notre pays, n’est pas épargnée. Les déchets sont charriés par les courants et s’échouent sur toute la côte et au-delà de nos côtes, et sont exportés vers d’autres rives de la Méditerranée, sans compter les millions de mètres cubes d’eau polluée déversés chaque jour et dans lesquels on patauge. Et encore, les plages, fréquentables ou non, rétrécissent à vue d’œil, comme peau de chagrin, à cause de projets immobiliers et autres bétonnages. Le Liban, un pays touristique ? Laissez-moi rire. Une côte poubelle n’attire pas des touristes assoiffés de soleil et surtout d’une mer cristalline. Mon Dieu quel...
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