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À La Une - Contestation

Le gouvernement syrien autorise le multipartisme

Pour Yasser Saadeldine, figure de l'opposition syrienne en exil, la nouvelle loi est une fausse mesure visant simplement à répondre à la pression internationale.

Sur cette photo tirée d'une vidéo postée sur Youtube par des militants anti-régime, des manifestants rassemblés à Homs dimanche soir pour demander la chute du régime.

Le gouvernement syrien a adopté un projet de loi autorisant le multipartisme, a annoncé l'agence officielle Sana dans la nuit de dimanche à lundi. Le gouvernement "a adopté le projet de loi pour les partis (politiques) en Syrie dans le cadre des orientations du programme de réformes et dans le but d'enrichir la vie politique, de la dynamiser et de permettre l'alternance", a annoncé Sana.

"Le projet de loi stipule les objectifs et les principes essentiels régissant l'activité des partis, les conditions pour leur établissement ainsi que pour l'obtention d'une autorisation et les règles relatives à leur financement, leurs droits et leurs obligations", précise Sana. Parmi les conditions requises figurent notamment pour les partis le "respect de la Constitution, des principes de la démocratie et de la loi, le respect de la liberté, des droits fondamentaux, de la déclaration universelle des droits de l'Homme et des traités ratifiés par la Syrie", selon Sana. Le projet de loi interdit tout parti fondé sur "des bases religieuses, tribales, locales, catégorielles, professionnelles ou à partir de discriminations, de race, de sexe ou de couleur" ou encore s'il est "issu d'une organisation ou d'un parti non syrien", ajoute l'agence. De même, explique Sana, "les organes du parti ne doivent comporter aucune formation militaire ou paramilitaire, publique ou secrète" et leurs principes, objectifs et sources de financement doivent être clairement établis.

Le multipartisme est une revendication essentielle de l'opposition en Syrie, en proie depuis le 15 mars à une vague de contestation sans précédent. La Syrie où le parti Baas est au pouvoir depuis 1963. Selon la Constitution il est "le dirigeant de l'Etat et de la société".

Début juin, le Premier ministre Adel Safar avait ordonné la formation d'une commission chargée d'élaborer cette nouvelle loi sur les partis politiques. Quelques jours auparavant, les autorités syriennes avaient annoncé une série de mesures pour apaiser la révolte populaire hostile au régime du président syrien Bachar al-Assad. Le chef de l'Etat avait ainsi levé l'Etat d'urgence, en vigueur depuis près de 50 ans, qui réduisait sensiblement les libertés publiques, et annoncé plusieurs réformes. Damas avait également annoncé une amnistie générale s'étendant à tous les détenus politiques ainsi que le lancement d'un "dialogue national" et la création de commissions chargées d'élaborer de nouvelles lois sur la presse et sur l'organisation des élections.

Des mesures pas jugées crédibles par les contestataires syriens, la répression contre les manifestations pacifiques se poursuivant, de même que les arrestations massives. Ce week-end encore, l’armée quadrillait plusieurs quartiers de Homs (centre), théâtre de violences meurtrières depuis une semaine.

Par ailleurs, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé à Londres, annonçait aujourd’hui que l'armée a arrêté plusieurs personnes après des manifestations dimanche soir dans différents quartiers de Damas. Samedi, l'armée avait déjà arrêté au moins 26 Syriens dans le quartier damascène de Jouber, parmi eux de nombreuses personnes qui regagnaient leur domicile, a-t-on appris de même source. Et plusieurs quartiers de la capitale, notamment Roukn Eddine et Qaboune, ont déjà fait l'objet de campagnes de ratissage et d'arrestations, l'armée ayant érigé des barrages autour de certains axes, désormais totalement isolés.

Dans ce contexte, Yasser Saadeldine, figure de l'opposition syrienne en exil dans un pays du Golfe, a déclaré que la loi autorisant le multipartisme "a été conçue pour montrer sur le papier que le régime tolère les opinions dissidentes tout en poursuivant les meurtres et la répression". "Chaque fois que ce régime est soumis à une pression internationale, il entreprend de fausses mesures de réforme pour tenter de se donner des références démocratiques. Mais les arrestations de militants se poursuivent et la répression s'accentue", a-t-il ajouté.

 

Le gouvernement syrien a adopté un projet de loi autorisant le multipartisme, a annoncé l'agence officielle Sana dans la nuit de dimanche à lundi. Le gouvernement "a adopté le projet de loi pour les partis (politiques) en Syrie dans le cadre des orientations du programme de réformes et dans le but d'enrichir la vie politique, de la dynamiser et de permettre l'alternance", a annoncé Sana.
"Le projet de loi stipule les objectifs et les principes essentiels régissant l'activité des partis, les conditions pour leur établissement ainsi que pour l'obtention d'une autorisation et les règles relatives à leur financement, leurs droits et leurs obligations", précise Sana. Parmi les conditions requises figurent notamment pour les partis le "respect de la Constitution, des principes de la démocratie et de la loi, le respect de la...
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