« Il est difficile pour l’ONU de trouver un moyen pour avancer » sur cette question, a-t-il dit. « Il faut être conscient que les différends maritimes sont bien plus difficiles à régler que les frontières terrestres. Cette question actuelle ne devrait pas arrêter les pays dans l’exploitation des ressources maritimes », a dit le coordonnateur onusien après avoir informé du dossier le Conseil de sécurité, réuni en consultations privées pour discuter du seizième rapport du secrétaire général sur l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité. À cette même occasion, le chef du département des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, dont le mandat expire le 10 août prochain, a présenté à son tour un exposé sur la situation le long de la ligne bleue.
Michael Williams a aussi noté qu’Israël est « bien avancé » dans ce domaine, et qu’il a six à sept ans d’avance sur le Liban. « Si je comprends bien, l’exploration se déroule bien et Israël pourra commencer à bénéficier de l’exploration de son gaz en 2012 », a-t-il souligné. Et d’ajouter : « Ce qui permettra de répondre à ses besoins domestiques et qu’il pourra très rapidement devenir un exportateur vers les marchés européens. Le Liban pourra aller de l’avant de la même manière. »
Michael Williams a mis l’accent sur la loi sur la prospection gazière et pétrolière qui n’a toujours pas été ratifiée au Liban et qui reste encore en discussion au Parlement. « Une fois ratifiée, cette loi ouvrira la voie aux compagnies internationales, telles que Chevron, Total, BP, ou Shell, pour prospecter les ressources libanaises », a-t-il espéré. Il a indiqué qu’il existe un accord entre Israël et Chypre pour la frontière maritime. Le Liban a conclu aussi un accord dans ce sens, mais seulement en théorie, puisque les négociations qui ont démarré en 2007 ne se sont jamais concrétisées, a-t-il noté.
Le coordonnateur onusien a aussi indiqué que les « Nations unies encouragent le Liban à aller de l’avant dans ses projets avec l’espoir que cela permettra de démêler certains dépassements entre les deux pays ». Il a par ailleurs reconnu que les ressources maritimes entre Israël et le Liban sont « devenues un problème, bien que chaque partie ait tendance à amplifier les choses ». Le Liban et Israël ont clairement décrit le domaine qu’ils considèrent comme étant leurs « zones économiques exclusives (ZEE) et ont déposé leurs documents à l’ONU », a-t-il précisé. Mais ce qui « complique les choses, c’est que le Liban est membre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer et qu’Israël ne l’est pas ». « Si l’État hébreu était membre de la Convention, une solution serait possible, parce que ce texte permet de régler les différends entre les pays, sous plusieurs formes d’arbitrage, y compris en ayant recours à la Cour internationale de justice, en établissant une commission d’arbitrage indépendante et ainsi de suite. »
Les événements en Syrie pèsent lourd
Michael Williams n’a pas caché par ailleurs son « inquiétude » face aux événements qui se déroulent en Syrie et qui « pèsent très très lourdement sur le Liban ». Il existe « des affrontements confessionnels potentiels au Liban » et « ce qui viendra après en Syrie inquiète son voisin », a-t-il ajouté. Cela aura des conséquences « extraordinaires » non seulement au Liban, mais aussi en Israël, en Irak et peut-être en Jordanie », a-t-il dit.
M. Williams a évoqué » la tranquillité le long de la ligne bleue « séparant Israël du Liban. Mais « alors que la cessation des hostilités est bien respectée, il n’y a pas d’évolution vers un cessez-le-feu », a-t-il poursuivi.
Le coordinateur de l’ONU a enfin souligné que les Libanais devaient maintenant parler de la question des armes aux mains du Hezbollah et des autres milices.


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