Cependant, il est parfois utile d’avoir un certain recul d’analyse et d’évaluation de l’ensemble de ces engagements pour mieux les canaliser et les rendre plus efficients.
L’entraide, oui, mais quel genre d’entraide ? Une entraide n’en est pas une si elle est centrée sur soi. L’entraide est d’abord dans l’esprit et dans l’intention, tournée vers l’autre. Cela mérite d’aller plus loin dans notre regard pour comprendre réellement le sens de nos actes, qu’ils soient bénévoles, professionnels, publics ou privés.
Qu’est-ce qui nous pousse à aider autrui ? Est-ce la volonté de le soutenir ou bien la volonté de paraître ? Quelle est notre profonde motivation ? La volonté de Dieu sur terre ou bien notre propre volonté intéressée ?
Qu’est-ce qui nous attire ? Faire le Bien pour le Bien ou pour notre propre Bien ? Notre cœur est-il pur en allant vers l’autre ou bien attend-il un retour, quel qu’il soit, divin ou humain, matériel ou social ?
Recherche-t-on la justice discrète avant l’aumône criarde ?
Notre motivation première devrait être de rechercher la justice, avec ardeur. Seuls les justes seront « rassasiés » par le fruit de leurs actes, car ce qu’ils possèdent et ce qu’ils offrent, ils le font avec amour.
Parce que les actions d’aumône s’en vont et reste le sourire qu’on a su donner aux personnes en manque de sourire et le respect de leur valeur qu’on a osé offrir à des gens se sentant dépourvus des deux. Les aides ponctuelles et surtout matérielles sont importantes, mais non suffisantes ; elles représentent ce qu’elles sont, un soutien matériel, rien de plus. Mais une attitude qui donne du temps, de la valorisation, de l’affection et de l’amour à celui qui en a besoin (à commencer par ceux qui nous entourent et qu’on ne voit pas ; notre gardien d’immeuble, le personnel d’aide à la maison, les caissiers, les employés des stations d’essence, notre coiffeur, notre manucure, le chauffeur de taxi, etc.), cela reste ancré pour toujours parce qu’elle construit la personne en soif d’estime de soi, petit à petit, l’enrichit de l’intérieur et lui donne la force de continuer à lutter et à se redresser dignement, en se souvenant qu’un jour, quelqu’un lui a souri, lui a donné confiance en son potentiel...
Les plus grands acteurs sociaux sont ceux qui ont posé un acte de foi dans leur engagement quotidien. Mentionnons ici l’exemple type de Mère Teresa qui a bâti quelque chose de nouveau à travers son vécu et sa soif des âmes. Nous ne sommes pas appelés à devenir tous des Mères Teresa mais nous pouvons nous inspirer de son expérience tellement fructueuse !
L’entraide témoigne en agissant, pas en paroles.
Heureux ceux qui peuvent encore être touchés par la souffrance de leurs frères, parce que les cœurs qui s’endurcissent déshumanisent l’homme.
« La foi sans les œuvres est une foi morte » (Jacques 2,17)... et les œuvres sans foi ont aussi leur aspect pervers.
Quand on voit parfois les conflits et mésententes engendrés par une action sociale collective, nous sommes amenés à nous poser des questions sur la qualité des fruits de cette action ! Peut-on vraiment atteindre nos objectifs de secours aux personnes défavorisées dans cet esprit qui oublie l’essentiel de toute cette initiative, à savoir la paix et le bien-être des gens ? Peut-on offrir la paix si l’on n’est pas soi-même en paix avec nos partenaires d’action sociale et humanitaire ? Les moyens d’atteindre nos buts sont aussi importants que nos résultats. C’est par les moyens et par le cheminement que l’on construit une société plus juste, et non seulement par des recettes et par des chiffres. Traiter avec l’humain est plus subtil que faire des affaires. Le vrai tissage se fait en coulisses pour qu’un tissu soit resplendissant.
Ajoutons aux actions d’aide en situation d’urgence (les malades, les prisonniers, les blessés de la vie laissés pour compte), les actions de changement plus profondes qui s’étalent à long terme. Notre désir de justice envers les plus démunis de la vie doit nous mener à des réclamations d’un ordre stratégique, voire politique et structurel qui visent une transformation de la base du problème, à savoir les circonstances d’inégalité économique et socio-éducatives. Afin de ne pas laisser les personnes concernées dans une forme de dépendance chronique, il est important d’agir à un niveau plus global, aidés par nos responsables politiques qui doivent retenir cette priorité de travailler pour la justice sociale de leur pays.
La paix que nous voulons ne s’obtiendra jamais par la force, mais par la justice !


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve