En janvier 2010, le général italien Claudio Graziano passait le commandement de la Finul au général espagnol Alberto Asarta. À cette occasion, l’officier partant confiait ses impressions au quotidien an-Nahar. Déclarant en substance : « Ma formation de militaire a produit, en matière de stratégie, une carte de la paix pour le Liban-Sud, dont j’ai tracé les contours à partir de ma longue expérience. Nous nous trouvons aujourd’hui dans une phase de cessation des hostilités sur le terrain. Mais les protagonistes sont tenus d’appliquer le cessez-le-feu. Cela relève d’une décision politique. C’est pourquoi nous insistons pour qu’il y ait des progrès sur ce plan. En effet, s’il n’y a pas d’avancée dans les prochaines années, les États qui participent à la Finul se demanderaient ce que leurs hommes font encore au Liban-Sud. La remise en question s’imposera, tôt ou tard. »
On se demande donc quand les frustrations d’une mission bloquée vont porter les contributeurs à tirer leur épingle du jeu. La partie nord de Ghajar reste occupée par Israël, alors que la 1701 lui commande d’en partir. Il y a cependant un problème humain dans cette affaire : Israël demande que la Finul s’engage formellement à bien protéger la population menacée de cette partie du village, avant de s’en retirer.
Problème encore plus en relief, et plus complexe : Chebaa. Ces hameaux restent hors du champ d’action de la Finul, qui n’y a pas accès, malgré les dispositions de la 1701. Israël s’accroche au terrain en faisant valoir que Chebaa est classée sous le régime de la 242 relative au Golan et non de la 425. De ce fait, la dérobade syrienne d’officialiser auprès du Palais de Verre la libanité de la zone empêche que l’enclave ne passe sous l’autorité provisoire de l’ONU, avant récupération par le Liban, comme c’est prévu.
Mais le principal détonateur potentiel reste évidemment le secteur frontalier au sud du Litani. Il est censé rester vierge de toute présence d’éléments armés ne relevant ni des troupes régulières libanaises ni de la force internationale. Cela n’est pas le cas, de nombreuses explosions accidentelles démontrant le maintien de caches d’armes et d’activités miliciennes. Tandis que la population des villages est fréquemment poussée à agresser la Finul.
Bien entendu, le désarmement des fractions ou des individus, édicté dans la 1701, pour que seul l’État garde le droit d’être armé, reste lettre morte. Et l’on a vu le 7 mai ce que cela a donné. Autant que l’interdiction faite à qui l’on sait de livrer des armes à des parties libanaises, ou de laisser la contrebande continuer à prospérer. Et le tracé de frontière, à Chebaa ou ailleurs, que recommande expressément la 1701 n’a pas été effectué.
Sur le plan juridique global, rien n’a été fait non plus pour réhabiliter la convention d’armistice de 1949, conclue à Rhodes entre le Liban et Israël, avec évolution adéquate en termes de profondeur de champ, d’effectifs, d’armements et d’équipements.
L’ONU, il convient de le rappeler, s’est montrée coulante, sur l’armement du Hezbollah, que la 1701 condamne. Elle veut bien que les Libanais règlent le problème entre eux, à l’amiable. Mais le comité national de dialogue y a échoué parce que le Hezbollah ne veut pas en discuter. Il refuse de désarmer, mais également toute forme de régularisation via la coordination avec l’armée. Il s’était pourtant précipité pour la 1701, quand il s’agissait de faire cesser le matraquage israélien. Et le gouvernement avait pris une décision d’assimilation par l’État du potentiel du Hezbollah le 27 juillet 2006.
De plus, la résolution du comité de dialogue national d’obtenir le démantèlement des bases palestiniennes d’obédience syrienne n’a pas été appliquée. Damas s’est montré en effet pour le moins peu coopératif. Et la régulation de l’armement dans les camps, également édictée par le comité, se fait toujours attendre.


Entre la politique militaire d’expansion de l’Etat hébreu , et les milices locales toujours au sud la 1701 semble bien plonger dans le coma avec les Casques bleus qui font plutôt politique au lieu de bien appliquer la résolution . Un cercle vicieux ou une nouvelle guerre risque de nouveau de faire sauter la paix fragile . Nazira.A.Sabbagha
05 h 05, le 19 juillet 2011