L’usage des antibiotiques à des fins vétérinaires contribue à accroître la résistance aux antimicrobiens.Photo tpeantibiotiques.e-monsite.com
« La résistance aux antimicrobiens a émergé comme un problème de santé croissant avec l’usage répandu des antibiotiques à des fins vétérinaires ou en tant que promoteurs de croissance dans l’industrie du bétail », expliquent dans un communiqué conjoint l’OMS et la FAO.
« Elle représente un problème de sécurité alimentaire mondiale, dans la mesure où la nourriture est échangée dans le monde entier et peut être un vecteur majeur de la propagation de la résistance » aux antibiotiques entre les animaux et les humains, ajoutent les organisations onusiennes.
À l’issue de la trente-quatrième session de la Commission du Codex Alimentarius, recueil de normes alimentaires internationales ayant pour objet de protéger la santé, qui s’est tenue à Genève du 4 au 9 juillet, des recommandations ont été prises par les plus de 600 délégués présents représentant 145 pays. Parmi les recommandations, certaines ont pour objectif « d’atténuer le risque d’émergence et de propagation de micro-organismes résistants chez les animaux et les humains ».
Il s’agit notamment d’ « analyser le niveau de risque causé par l’utilisation d’antibiotiques dans la production d’alimentation humaine et animale », mais aussi d’évaluer celui « de résistance aux antimicrobiens associée à sa présence dans l’alimentation humaine et animale (y compris l’aquaculture), ainsi que son impact sur la santé humaine ». Et pour cause : de nombreuses ONG de différents pays se sont inquiétées de l’usage d’antibiotiques dans l’alimentation du bétail, qui pourrait affecter, selon elles, la santé humaine.
Une étude publiée aux États-Unis par le Translational Genomics Research Institute (TGen) a révélé en avril qu’une proportion élevée de la viande et des volailles vendues dans les chaînes de distribution et autres points de vente sur le continent américain étaient contaminées avec des bactéries résistantes aux antibiotiques comme des staphylocoques dorés.
En ce qui concerne les organismes génétiquement modifiés (OGM), la Commission du Codex Alimentarius a estimé que « les gouvernements étaient libres de décider de l’opportunité et de la façon d’étiqueter les aliments dérivés des biotechnologies modernes ». « L’étiquetage doit être fait en conformité avec le texte approuvé par la Commission du Codex, afin d’éviter un obstacle potentiel au commerce », précise encore le communiqué.
Enfin, la commission s’est penchée sur la campylobactériose (une infection des voies digestives) et la salmonellose, considérées comme les deux causes les plus fréquemment rapportées de maladies d’origine alimentaire, fréquemment transmises par du poulet. « Les lignes directrices adoptées par la réunion prévoient des mesures concrètes pour contrôler la contamination à tous les stades de la production à la consommation de viande de poulet », concluent l’OMS et la FAO.

