Le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud al-Fayçal, avait été explicite mercredi, affirmant que les « pays arabes du Golfe ont une stratégie commune de défense ». « Si l’Iran veut jouer un rôle de puissance régionale, il doit prendre en compte les intérêts des pays voisins et pas seulement les siens », avait-il ajouté, mettant en garde contre toute ingérence iranienne dans le Golfe.
Theodore Karasik, directeur de recherche à l’institut Enigma, ayant son siège à Dubaï, estime de son côté que le programme nucléaire iranien, « à la finalité ambiguë, est une source de menace aux yeux des Saoudiens, notamment dans le contexte du retrait américain d’Irak et de ce qui se passe en Syrie et au Liban ». « Les manœuvres militaires de l’Iran dans le Golfe ne sont pas rassurantes pour les Saoudiens », ajoute-t-il, soulignant le ton « plus ferme » que d’habitude de la diplomatie saoudienne à l’égard de l’Iran.
Selon M. Karasik, « l’Arabie saoudite fait également face à une nouvelle menace venant du Yémen », où el-Qaëda met à profit l’instabilité liée au mouvement de contestation pour étendre son influence.
En dépit de la diversification de leurs fournisseurs, les Saoudiens restent néanmoins de gros clients des armements américains, souligne Neil Partrick, un spécialiste du Golfe basé à Londres. « Washington est le principal partenaire de Riyad en matière de défense et de sécurité, et cela ne va pas changer dans un avenir proche », affirme-t-il. Le royaume est en effet en train de finaliser un contrat d’armement d’un montant d’environ 60 milliards de dollars avec les États-Unis, qui deviendra, s’il est conclu, le plus important de l’histoire des États-Unis. Ce contrat prévoit notamment la vente de 84 chasseurs-bombardiers F-15, de 178 hélicoptères d’attaque et de 12 hélicoptères légers d’entraînement MD-530F, avec une livraison échelonnée sur 15 à 20 ans, selon le département d’État.
(Source : AFP)


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