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Télécomble

Au cas où nous l'aurait fait oublier l'hallucinante polémique sur la question, les télécoms, c'est la communication à distance : miracle d'une technologie qui ne cesse de se développer et qui permet à l'humanité d'échanger non plus seulement des signaux vocaux mais aussi des images fixes ou vidéo, des textes et une foule d'autres données. Mieux encore, toutes ces performances sont devenues à la portée de n'importe lequel de ces téléphones dits intelligents qui ornent la main désinvolte de nos élégantes au volant de leur monumental 4X4. Suprême consécration, voici même la télécommunication promue, par la grâce de Facebook, deTwitter et de la caméra intégrée, faiseuse de révolutions, féconde nourricière de printemps arabes.

 

Dans notre doux pays en revanche, les télécoms auront été, dès le départ, une véritable pomme de discorde. C'est à une véritable foire d'empoigne entre puissants de la politique ou de la finance qu'avait donné lieu le partage de l'espace télévisuel. Et on veut croire que c'est pour compenser certains excès, engendrés par la privatisation de la téléphonie mobile, notamment en matière de dépôts de cautions, puis de tarifs, que l'État s'apprêtait à opérer lui-même un troisième réseau.


Mais c'était avant la ruée générale sur ces 50 000 lignes offertes au Liban par la gigantesque firme chinoise Huawei et qui étaient précisément destinées à ce futur réseau, et en aucun cas à étoffer les capacités de l'un ou l'autre des opérateurs existants. Tout ou partie de ces lignes exotiques est-il actuellement mis en service comme le prétendent d'aucuns, et dans ce cas par qui et à quelles fins ? Quel usage comptait en faire exactement le ministre sortant des Télécoms, tout juste habilité à expédier les affaires courantes et qui, pour récupérer ce matériel, s'est livré la semaine dernière à une vaudevillesque équipée dans son propre département ? Cette même retenue qu'impose l'expédition des affaires courantes ne valait-elle pas d'ailleurs aussi pour le ministre de l'Intérieur entré en choc frontal avec le directeur des Forces de sécurité intérieure et démissionnant de manière non moins théâtrale d'un gouvernement déjà démissionnaire ? Et même si l'on convient avec le patriarche maronite que l'accord de Taëf doit être révisé pour redonner quelque pouvoir au président de la République, n'est-on pas pour le moins surpris par l'initiative du chef de l'État recommandant à la justice des poursuites contre le général Achraf Rifi alors que les irrégularités sont légion au sein de certains autres organismes sécuritaires ?


Ces questions ne sont évidemment pas les seules que se posent les citoyens endurant mille maux, alors que se désagrègent lentement mais sûrement les institutions, que s'écharpent, à longueur de journée, les forces politiques et que s'accumulent les échéances. Réunie lundi pour débattre de l'affaire des télécoms, la commission parlementaire concernée n'a fait que compliquer encore ce casse-tête littéralement chinois. De lourdes suspicions pèsent, de surcroît, sur la réunion du Parlement projetée par le président Nabih Berry et que commande, selon lui, le vide gouvernemental sévissant depuis plus de quatre mois : admirables scrupules, en vérité, quand on se souvient que le même Berry avait invoqué un vide - inexistant toutefois, celui-là - pour mettre la Chambre en congé durant un an et demi.


À l'heure où sont emportées, ou bien vacillent, les dictatures arabes les plus coriaces, c'est d'un étrange mal que souffre une démocratie libanaise jadis pionnière dans cette région du monde : sans cesse exposée aux vents soufflant du dehors, elle en a complètement oublié la communication de proximité.

 

Issa GORAIEB
igor@lorient-lejour.com.lb

Au cas où nous l'aurait fait oublier l'hallucinante polémique sur la question, les télécoms, c'est la communication à distance : miracle d'une technologie qui ne cesse de se développer et qui permet à l'humanité d'échanger non plus seulement des signaux vocaux mais aussi des images fixes ou vidéo, des textes et une foule d'autres données. Mieux encore, toutes ces performances sont devenues à la portée de n'importe lequel de ces téléphones dits intelligents qui ornent la main désinvolte de nos élégantes au volant de leur monumental 4X4. Suprême consécration, voici même la télécommunication promue, par la grâce de Facebook, deTwitter et de la caméra intégrée, faiseuse de révolutions, féconde nourricière de printemps arabes.
 
Dans notre doux pays en revanche, les télécoms auront été, dès le départ, une...