On jasera bien sûr dans les belles-familles. Les autres ne sont jamais assez bien pour ceux de chez soi. Et puis il y a ce dépit crypté de laisser l'un des siens quitter la tribu. Mais les larmes versées à la cérémonie nuptiale permettront d'évacuer ces émotions confuses et de tourner la page. Musique et bonne chère feront office de rite de passage. Pour plus tard, on aura les photos.
Les mariages ne m'inspirent qu'un mot : oui. Magie de ce oui. De cet abracadabra qui ouvre les portes du réel et qui rend toute chose possible. Ce mot contondant qui déchire la membrane du monde et vous y invite, simplement. C'est par un oui qu'on adhère à la vie et qu'on s'ouvre au changement. Par un oui que l'on prend le risque de réaliser les rêves et d'en accepter le meilleur et le pire. Mot courage, mot généreux, mot lien.
Dès l'enfance, le premier mot qui vient est « non ». Non, dit l'enfant, qui joue sa fragilité contre l'autorité des autres. Non, pour se protéger. Non, pour ne pas aller vers autrui, ne rien céder de son intégrité, ne pas franchir la barrière qui sépare de la jungle dehors.
L'autorité, c'est dire non, constatait une collègue. Mais quel prodige y a-t-il dans un non ? Non empêche, non défend, non protège, mais non ne crée rien.
Dans le « Yes we can » d'Obama, il y avait surtout : « Yes ». Par ce « yes », il a épousé une Amérique divorcée du monde, fâchée avec elle-même. Par ce « yes », il lui a permis de s'aimer et il lui a redonné confiance. Il y avait du courage à dire oui dans un tel contexte économique et sécuritaire. Non n'est pas le mot de l'autorité, même s'il est précieux pour faire obstacle aux abus. Non est un mot d'enfant. Quand le Liban entrera-t-il à son tour dans l'ère du oui ? Nous avons tant besoin de changement ■


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine