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START System

Ce n'est pas encore la paix universelle, un monde sans armes atomiques dont rêvait tout haut le Prix Nobel Barack Obama, mais il faut bien un commencement à tout. C'est bien d'ailleurs ce que suggérait, dès le départ, l'acronyme de START (début, en anglais) opportunément décerné aux négociations sur la réduction des armes stratégiques. Jeudi à Prague, c'est un nouveau et historique traité que signaient le président des États-Unis et son homologue russe Dmitri Medvedev, qui acceptent de limiter à 1 550 engins leurs stocks d'ogives nucléaires.

Reste tout de même là, bien sûr, de quoi pulvériser cent fois la planète tout entière, cela sans compter tous les arsenaux nucléaires, déclarés ou non, répertoriés dans le monde. L'équilibre nucléaire, qui demeure largement préservé d'ailleurs, a fait place cependant à d'autres angoisses et hantises habitant en permanence l'une et l'autre de ces puissances ; voilà bien en effet deux colosses aux pieds d'argile bien conscients de l'inutilité de leur formidable armement face à un terrorisme mettant en jeu des hommes et des femmes poussés jusqu'au suicide par leurs fanatiques idéologies, qu'elles soient d'essence nationaliste ou religieuse.

Car ce n'est pas en s'inventant un démon irakien, mensongèrement tenu pour responsable de la peste terroriste, en allant s'enliser en Afghanistan ou encore en se gagnant l'hostilité du monde arabo-musulman en raison de son parti pris pour Israël, que l'Amérique de George W. Bush a pu venir à bout de Ben Laden. Et ce n'est pas en s'obstinant à reconstituer l'empire soviétique, au mépris des particularismes locaux, que la Russie peut espérer tout à la fois écraser les contestations et échapper aux attentats à la bombe. La solution, Obama l'évoquait il y a quelques mois déjà, dans son fameux et tout aussi historique discours du Caire axé sur la crise du Moyen-Orient : c'est le règne de la justice dans les relations internationales, seul à même de neutraliser, en la rendant sans objet, en lui ôtant toute raison de proliférer comme un cancer, la théorie terroriste.

Ce noble souci de justice, puisse le chef de la Maison-Blanche s'y tenir en ce qui concerne tous les États et peuples de la région. Toujours intraitable (mais jusqu'à quand ?) sur la question du gel des colonies juives en Cisjordanie, Obama, dans le projet de plan de paix que lui attribue la grande presse américaine, exclurait tout retour des réfugiés palestiniens dans leurs foyers, ce qui n'est juste ni pour ces réfugiés ni pour les pays d'accueil, et plus particulièrement pour le Liban, dont le déjà fragile équilibre communautaire serait, à la longue, condamné à voler en éclats. À ce grave motif d'inquiétude s'ajoutent, pour notre pays, les voraces appétits de ses remuants voisins, lesquels convoitent qui les eaux ou la terre du Liban, et qui l'âme même du Liban, c'est-à-dire son existence en tant que pays indépendant et souverain, en tant que singulière patrie des libertés.

À ce dernier propos, la volonté américaine, et plus généralement occidentale, de dialoguer avec l'Iran et la Syrie est certes une heureuse rupture avec l'improductif ostracisme de l'ère Bush. Encore faut-il qu'elle ne donne pas cours au chantage et à l'extorsion, et que persiste la vigilance internationale face à la situation au Liban. Les violents affrontements de jeudi entre factions rivales d'un même groupe palestinien d'obédience syrienne posté à la frontière entre les deux pays sont venus rappeler à quel point rien n'a vraiment changé dans le comportement de Damas, malgré l'instauration de relations diplomatiques avec Beyrouth.

Pourquoi donc perdurent les armements palestiniens hors des camps de réfugiés, sinon à des fins de déstabilisation et de subversion ? La question s'impose avec plus d'acuité que jamais à l'heure où est en chantier une normalisation des rapports syro-libanais. Vivement un START pour ce fouillis d'armées irrégulières qu'abrite, bien malgré lui, le Liban...

Issa GORAIEB
igor@lorient-lejour.com.lb
Ce n'est pas encore la paix universelle, un monde sans armes atomiques dont rêvait tout haut le Prix Nobel Barack Obama, mais il faut bien un commencement à tout. C'est bien d'ailleurs ce que suggérait, dès le départ, l'acronyme de START (début, en anglais) opportunément décerné aux négociations sur la réduction des armes stratégiques. Jeudi à Prague, c'est un nouveau et historique traité que signaient le président des États-Unis et son homologue russe Dmitri Medvedev, qui acceptent de limiter à 1 550 engins leurs stocks d'ogives nucléaires.Reste tout de même là, bien sûr, de quoi pulvériser cent fois la planète tout entière, cela sans compter tous les arsenaux...