Aucun organe de presse n'est particulièrement ravi d'essuyer un démenti. C'est avec le plus grand plaisir et le plus vif soulagement néanmoins que nous saluons celui que nous opposait hier le bureau du procureur près le Tribunal spécial pour le Liban, Daniel Bellemare.
Le magistrat canadien, a souligné en effet sa porte-parole, n'a aucune intention de se démettre de sa charge pour protester contre les tentatives de politisation de la justice internationale déployées par certaines parties ; au contraire, il est plus que jamais attaché à sa mission. Voilà qui vient faire un sort bien mérité à ces fuites émanant périodiquement, selon la formule consacrée, de sources proches du Tribunal, et auxquelles plus d'un quotidien, dont L'Orient-Le Jour, prêtait funestement crédit dans son édition de lundi. Voilà qui vient réconforter aussi tous ceux, et ce journal en fait partie, qui exigent que la vérité, toute la vérité et rien que la vérité soit faite sur la vague d'assassinats politiques qui s'est abattue sur le Liban.
L'hostilité d'aucuns à l'instance juridique internationale n'est guère nouvelle, certes. Le Tribunal n'existait encore que sur le papier, qu'il donnait lieu à une longue crise ministérielle, provoquée sous couvert de vices de forme. La campagne de dénigrement ne tardait pas à se concentrer ensuite sur la prétendue partialité d'un processus visant malignement une Syrie innocente comme l'enfant qui vient de naître. Ce qui est nouveau en revanche, c'est que cette campagne de dénigrement n'est plus laissée aux seconds couteaux, que les orchestrateurs de la cabale ont pris du poil de la bête et qu'ils ne se privent plus désormais de monter eux-mêmes, à visage découvert, au créneau.
Un bazar défraîchi, disait récemment du Tribunal le président syrien Bachar el-Assad, paraissant exprimer de la sorte son mépris d'une juridiction se prêtant à des marchandages politiques dont Damas n'a que faire. Peu après, Hassan Nasrallah prenait le relais pour se plaindre de fuites visant le Hezbollah et dont il rendait responsable l'entourage direct du juge Bellemare. Le leader chiite allait même jusqu'à assortir de conditions la poursuite de la coopération avec les enquêteurs de l'ONU, mettant en garde par ailleurs contre les conséquences qu'aurait, sur la stabilité du pays, toute mise en accusation intempestive.
Que toutes ces fuites soient susceptibles de porter préjudice au cours de la justice, c'est l'évidence même. Le temps n'est plus cependant où le Tribunal spécial pouvait encore se contenter d'y répondre par un classique no comment ou bien, en de rares occasions, par un laconique démenti. Car jeter systématiquement le discrédit sur la cour à caractère international, ce n'est pas seulement faire insulte à l'intégrité des magistrats qui y siègent ainsi que des investigateurs qui ont passé des années à rassembler patiemment et à analyser les indices. C'est aussi, c'est surtout peut-être les intimider, les pousser à la compromission, ou alors à la démission.
Un départ du procureur Daniel Bellemare, troisième tenant du titre, épouvanté qu'il serait par la politisation effrénée à laquelle se livrent ceux-là mêmes qui se disent victimes de la politisation ? La subversion fait feu de tout bois et ne dédaigne visiblement pas les vœux pieux. Pas si pieux que cela, au demeurant.
Issa GORAIEB
igor@lorient-lejour.com.lb
Le magistrat canadien, a souligné en effet sa porte-parole, n'a aucune intention de se démettre de sa charge pour protester contre les tentatives de politisation de la justice internationale déployées par certaines parties ; au contraire, il est plus que jamais attaché à sa mission. Voilà qui vient faire un sort bien mérité à ces fuites émanant périodiquement, selon la formule consacrée, de sources proches du Tribunal, et auxquelles plus...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef