Plus de vingt policiers et neuf autres personnes ont été blessées, lors des affrontements en Grèce. Dix-huit personnes ont été interpellées et cinq ont été placées en garde à vue. Aris Messinis/AFP
Au même moment, l’Union européenne (UE) a haussé le ton pour que les députés grecs votent ce texte en agitant le chiffon rouge d’une faillite immédiate de la Grèce si l’impopulaire plan d’austérité n’était pas voté. Le président de l’UE Herman Van Rompuy a affirmé que les heures à venir allaient être « décisives » pour la Grèce, mais aussi pour la zone euro et l’économie mondiale.
Cependant, un groupe de jeunes, s’en prenant à coups de barre de fer aux façades de marbre de la place Syntagma et au ministère des Finances voisin, ne semblaient guère, en marge de la manifestation des syndicats, prêts à recevoir ce genre de conseils.
Les forces antiémeute ont tiré des salves de gaz lacrymogènes pour les disperser, laissant la place Syntagma noyée sous un brouillard irritant. Selon la police, l’affrontement a fait 27 blessés, dont 21 policiers, tandis que trois personnes ont été arrêtées.
« Les Européens nous disent qu’ils nous lâcheront si le plan n’est pas voté, mais la faillite, on y est déjà. Toucher le fond nous permettrait au moins de remonter, alors que ce nouveau plan ne résout rien », a lancé Anna Théodorou, une secrétaire de 38 ans. Une femme de 36 ans, Iamando ajoutait : « Nous ne voulons pas de votre argent, Europe. Laissez-nous tranquilles, s’il vous plaît ! »
Peu avant, les manifestants, qui étaient beaucoup moins nombreux que lors de la grève générale du 15 juin, avaient défilé aux cris de « Le projet de loi ne va pas passer ».
D’importantes forces policières – 4 000 hommes selon les autorités – avaient été déployées, bouclant le centre d’Athènes interdit à la circulation. Le Parlement était entouré par des centaines de policiers tandis qu’une barrière était dressée devant l’entrée du bâtiment pour empêcher les manifestants de s’approcher.
La grève a touché les transports maritime et aérien, et les coupures d’électricité se sont poursuivies en raison d’une grève observée depuis la semaine dernière par l’entreprise publique d’électricité, la DEI.
À part le métro, les transports en commun à Athènes n’ont pas fonctionné.
Les grévistes protestaient contre le plan pluriannuel d’austérité 2012-2015, qui devait être voté mercredi et jeudi au Parlement. Celui-ci prévoit de nouveaux sacrifices pour les Grecs, après la rigueur de 2010, surtout en matière d’impôts afin que le pays évite la faillite et puisse toucher une nouvelle aide financière vitale de ses partenaires européens et créanciers.
Des banques étaient également fermées, les hôpitaux fonctionnaient avec du personnel d’astreinte et les journalistes ont observé un arrêt de travail de cinq heures déclenché en début d’après-midi, ce qui a affecté journaux, radiotélévision et sites Internet.
« Nous pensons que ces mesures sont mauvaises pour les ouvriers en général (...). Ils baissent les salaires, les retraites ainsi que les services sociaux », a déclaré à l’AFP Nicolas, employé du port et membre du syndicat du secteur privé des employés du Pirée.
Hier, les critiques sont venues également du gouverneur de la Banque de Grèce, Georges Provopoulos, selon lequel le plan d’austérité, que le Premier ministre grec Georges Papandréou a appelé solennellement à voter lundi soir en faisant appel à l’esprit patriotique des députés, contenait trop de hausses d’impôts et pas assez de réduction de dépenses.
Les affrontements de la place Syntagma n’ont pas impressionné la Bourse d’Athènes, qui semblait mardi soir croire au vote du plan prévu mercredi. Elle a terminé en hausse de 2,6 %.
(Source : AFP)

