Le débat du Parlement, qui durera jusqu’à jeudi, se déroule dans une ambiance survoltée en Grèce.Louisa Gouliamaki/AFP
Ce débat, qui durera jusqu’à jeudi, se déroule dans une ambiance survoltée en Grèce, où coupures d’électricité et perturbations dans les transports et services publics vont rythmer la semaine, en raison d’une grève générale de 48 heures déclenchée à partir d’aujourd’hui par les syndicats opposés à ce nouveau train d’austérité.
Les transports seront fortement affectés mardi et mercredi, particulièrement le transport aérien à la suite de mots d’ordre de grève déposés par les contrôleurs aériens. Le transport maritime, vital en début de période touristique pour le lien avec les îles, devrait aussi être touché, ainsi que le métro à Athènes et les réseaux de bus.
Le projet du budget pluriannuel qui prévoit hausses d’impôts et privatisations « est une condition nécessaire pour poursuivre l’aide » internationale à la Grèce (...), « un mal nécessaire, nous n’avions pas d’autre choix », a indiqué le député socialiste Efstathios Koutmeridis, en ouverture de la session plénière.
Le nouveau ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, a appelé les députés à « faire preuve de sérieux et d’unité (...) pour que les caisses de l’État ne se retrouvent pas vides début juillet ».
La zone euro a conditionné au vote de ce budget de poursuivre son soutien financier à la Grèce. Ses ministres doivent se réunir le 3 juillet, si le plan est voté, pour donner leur feu vert au versement de la cinquième tranche du prêt accordé à la Grèce en mai 2010, cruciale pour que le pays honore ses échéances en juillet et paye retraites et salaires.
Le chef du groupe d’extrême droite, Spyros Karatzaféris, a fait d’emblée monter les enchères en réclamant que le projet soit voté avec une majorité renforcée, « soit au moins 180 voix » sur les 300 du Parlement, où le Parti socialiste au pouvoir dispose d’une majorité absolue, mais limitée à 155 voix.
Un député socialiste opposé au projet de privatisation d’Électricité de Grèce a bien menacé de ne pas voter le projet, mais une députée du parti d’opposition de droite, Elsa Papadimitriou, a, elle, laissé entendre qu’elle soutiendrait le projet, dans une interview au quotidien Ta Nea lundi.
Lundi matin, la députée socialiste Elsa Panariti a estimé que le projet allait « bien sûr » être voté, le gouvernement socialiste disposant d’une majorité de cinq sièges au Parlement.
En Allemagne, après des déclarations alarmistes au cours du week-end sur les chances de succès du plan grec, le secrétaire d’État aux Finances, Jörg Asmussen, a fait redescendre la pression en affirmant lundi que Berlin tablait aussi sur une adoption du plan.
« Nous croyons que le 3 juillet, l’aide à la Grèce pourra être décidée » lors de la réunion de l’Eurogroupe, a ajouté M. Asmussen.
Le secrétaire d’État a toutefois indiqué, comme l’avait déjà fait le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, qu’il fallait être « préparé » en cas de rejet de la cure.
À Bruxelles, un responsable européen parlant sous le couvert de l’anonymat a indiqué lundi soir à l’AFP que la zone euro travaillait à un « plan B » pour éviter la faillite de la Grèce au cas où le nouveau programme d’austérité serait rejeté par son Parlement.
(Source : AFP)


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