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Liban - Le Commentaire

Le Liban politique reste en quête d’un nouveau système

Un nouveau gouvernement. Les gens, dans leur majorité, ne s’intéressent ni à sa composition ni à déterminer ses sponsors, Bachar el-Assad ou le Hezbollah. Ils attendent qu’il se mette au travail pour traiter leurs problèmes de plus en plus étouffants.
Mais cette priorité de l’heure, il est difficile de la traiter avec les mécanismes institutionnels ou politiques en place. Aussi, la quête d’un nouveau système, plus approprié, se trouve relancée. L’on entend des appels de tous côtés pour un congrès national en vue d’un nouveau système, mieux conforme à l’évolution des temps. Et tenant compte de la modification en profondeur de certaines données de base, du fait que l’unification de la direction d’une communauté déterminée fait barrage au brassage politique national. Est-il possible d’organiser facilement la mutation, et quels contours prendrait-elle ?
Il y a eu, au départ, le pacte non écrit de 1943. Un arrangement qu’une fraction des Libanais a toujours considéré comme non viable. Ce que Georges Naccache avait traduit, dans L’Orient, par une formule restée célèbre, « Deux négations ne font pas une nation ». Le président de la République disposait de pouvoirs régaliens par trop excessifs et, frappée de discrimination, une frange musulmane menait bataille pour la participation.
La conférence de Taëf ayant proposé de rééquilibrer les pouvoirs en limant les prérogatives de la présidence de la République, la plainte s’est alors inversée, une tranche chrétienne se retrouvant isolée, lésée et apeurée en se trouvant privée de prérogatives qui, pour elle, constituaient des garanties, des assurances bien plus que des privilèges indus.
Le pacte de 1943 et Taëf constituaient des figures imposées, comme on dit en patinage artistique. L’un était nécessaire pour liquider le mandat français et l’autre pour faire taire le canon. Dès lors, concoctées dans l’urgence, pour ne pas dire dans la précipitation, les Constitutions qui en étaient issues restaient truffées de failles. La récupération de la souveraineté ne s’est faite, d’ailleurs uniquement sur le papier, qu’au départ des forces syriennes. De plus, les guerres intestines, qui ont exacerbé les oppositions à caractère confessionnel, ont empêché l’application de la démocratie véritable, au profit d’une dérive aberrante, baptisée démocratie consensuelle, consacrée à Doha. Un système qui annule les urnes tant pour les résultats des législatives qu’en interdisant le recours au vote, en Conseil des ministres, pour régler les litiges, avec droit de veto pour tous. Toute décision doit en effet, selon ce système, être prise à l’amiable ou gelée, ce qui est souvent le cas, avec paralysie de l’État.
Le Liban se retrouve de la sorte dans une impasse pathologique. L’arrière-fond confessionnel empêche en effet la logique démocratique élémentaire qui veut que la majorité gouverne tandis que la minorité s’oppose.
Peut-on en sortir ? Pour le moment, il n’y aurait pas moyen de réunir un congrès national car les intentions restent soumises à un esprit de conflit ouvert, découlant de l’opposition de deux projets inconciliables. Quand les parties en présence évoquent un éventuel nouveau système, elles se hâtent de préciser des conditions voraces. Aucune d’entre elles n’envisage le recours au vieux précepte « ni vainqueur ni vaincu » que défendait le président Saëb Salam. Chacune d’entre elles veut être le vainqueur, et surtout que le vis-à-vis reste non pas un partenaire, mais un vaincu. En outre, il est évident que la menace de l’armement hors légalité, qui pèse si lourd dans la balance, ne facilite pas le dialogue de fond.
Le pays est donc condamné à se laisser régir par le pis-aller de la démocratie dite consensuelle, dans l’espoir et dans l’attente d’un changement de circonstances permettant la tenue d’un débat pour un nouveau système, un nouveau pacte. L’idéal étant alors qu’avec des textes bien pondérés, bien équilibrés, l’on redonne vie au moins mauvais choix qui puisse être, la démocratie républicaine, permettant au peuple souverain d’exprimer sa volonté et de désigner les tenants du pouvoir à travers les urnes. En base, évidemment, d’une loi électorale juste, assurant la vraie représentativité des citoyens, des communautés, des forces politiques et des régions.
Un nouveau gouvernement. Les gens, dans leur majorité, ne s’intéressent ni à sa composition ni à déterminer ses sponsors, Bachar el-Assad ou le Hezbollah. Ils attendent qu’il se mette au travail pour traiter leurs problèmes de plus en plus étouffants.Mais cette priorité de l’heure, il est difficile de la traiter avec les mécanismes institutionnels ou politiques en place. Aussi, la quête d’un nouveau système, plus approprié, se trouve relancée. L’on entend des appels de tous côtés pour un congrès national en vue d’un nouveau système, mieux conforme à l’évolution des temps. Et tenant compte de la modification en profondeur de certaines données de base, du fait que l’unification de la direction d’une communauté déterminée fait barrage au brassage politique national. Est-il possible d’organiser...
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