On la disait partisane de la tolérance civile. Et pourtant elle fut l’instigatrice du massacre de la Saint-Barthélemy et de guerres de religions entre des catholiques intransigeants et des protestants révolutionnaires.
Reine et régente, ce qui est certain c’est qu’elle a gouverné la France d’une main de fer grâce à une stratégie ingénieuse autour de la devise « Diviser pour régner ». Et un accent italien qui trahissait ses origines florentines. Un œil sur la cour de France, elle y introduisit ses compatriotes italiens. L’autre sur sa patrie natale, l’Italie. Issue de la famille des Médicis, famille emblématique de l’époque de la Renaissance, elle en a hérité un goût pour les arts, la culture et la littérature. Sa passion s’exerça principalement à travers son soutien aux artistes français, et sa participation significative à l’élévation culturelle de la cour de France.
Catherine de Médicis est sans aucun doute un personnage incontournable et controversé à la fois, qui marqua la France de l’Auvergne à la Bretagne, du Pays de la Loire à Fontainebleau. Et Paris n’y échappa pas. Car Catherine de Médicis, fervente adepte de l’astrologie, des horoscopes et des prédictions de son astrologue et conseiller Cosimo Ruggieri, interrompit brusquement l’ambitieux projet de construction de sa résidence parisienne, le palais des Tuileries. Celui-ci étant trop proche de l’église Saint-Germain
l’Auxerrois.
Car voyez-vous, Cosimo Ruggieri avait prédit à la reine qu’elle mourrait « près de Saint-Germain » ...
Catherine de Médicis fit alors construire une autre résidence, l’Hôtel de la reine, sur la rue Éternelle (superstition oblige), aujourd’hui rue de Viarmes. Quatre siècles plus tard, il ne reste de cet hôtel qu’une colonne étrangement intrigante, accolée à la Bourse de commerce. Cosimo Ruggieri et Catherine de Médicis montaient régulièrement les 147 marches de la « Colonne Astrologique », ou « Colonne Médicis », pour y murmurer des formules magiques et interroger les astres sur l’avenir.
C’est au cœur de Paris, sur le sommet de cette tour, que la reine de France a probablement pris des décisions politiques sous l’influence des étoiles. C’est au sommet de cette tour, qui aujourd’hui ne paie pas de mine, que la superstition a probablement régi une partie de l’histoire de France.
La légende raconte que les soirs d’orage, une longue silhouette noire apparaissait à la faveur des éclairs, au sommet de la Colonne Astrologique, dans la cage de fer. Si un soir d’orage l’envie vous prend d’aller vérifier...
Toute sa vie durant, la superstitieuse reine de France évita les emplacements portant le nom de Saint-Germain. Mais l’on n’échappe pas si facilement à son destin : sur son lit de mort à Blois, elle fit appeler un abbé. Ne le connaissant pas, elle lui demanda son nom.
- « Julien de Saint-Germain »,
répondit-il.
- « Alors je suis perdue. »
Et elle mourra quelques heures plus tard.
Myriam ESTA

