Dans son rapport, Citi a ainsi émis des réserves quant à l’efficacité et la longévité du nouveau gouvernement, soulignant que cela pourrait affecter la mise en place des réformes économiques tant attendues. Mais, selon Citi, le gouvernement actuel n’est pas susceptible d’être moins efficace que le précédent cabinet et pourrait même faire des progrès sur le front de la politique économique. Les portefeuilles des Finances et de l’Économie étant aux mains de loyalistes au Premier ministre – un grand homme d’affaires avisé –, cela devrait réconforter les investisseurs, a ajouté à cet égard le rapport de la banque. Autre avantage : l’absence de dissensions profondes entre les différentes factions politiques qui constituent le nouveau gouvernement – un élément qui devrait faciliter la coopération entre les ministres et éviter les blocages internes, a souligné Citi.
Les divisions au sein de l’ancienne équipe ministérielle dite d’« union nationale » ont en effet été à la source de la paralysie du gouvernement présidé par Saad Hariri.
De son côté, JP Morgan a indiqué que la crise n’est pas finie, malgré la formation du gouvernement. La mise en place d’un nouveau cabinet ne devrait pas en effet mettre fin aux tensions politiques sous-jacentes, a estimé la banque. Même si le cabinet actuel ne risque pas d’être contesté lors du vote de confiance au Parlement, il devra faire face aux nombreuses questions politiques en suspens qui ont abouti à la dernière crise politique et la chute de l’ancien gouvernement, a souligné à cet égard JP Morgan, ajoutant que le nouveau cabinet, de par sa composition, risque de ne pas booster la confiance des consommateurs et des investisseurs.
Sur un ton plus optimiste, Merrill Lynch a estimé que la formation du gouvernement pourrait toutefois permettre de résoudre une série de questions pressantes, jusque-là en suspens, notamment le renouvellement du mandat du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, dont la reconduction était quasiment impossible, selon les lois en vigueur, en l’absence de gouvernement. En outre, les recettes provenant des télécoms pourraient être transférées au Trésor ; ces dernières, estimées à 1,5 milliard de dollars (environ 3 % du PIB), n’avaient plus été transférées depuis 2009, en raison notamment d’un bras de fer à caractère politique entre le ministre des Télécoms et son homologue aux Finances. Un tel dénouement, très probable au vu de l’homogénéité de l’actuelle équipe ministérielle, pourrait ainsi renflouer les caisses de l’État et limiter le creusement du déficit public, qui devrait atteindre, dans ce cas de figure, 8 % du PIB, contre plus de 10 % dans le cas contraire, a précisé Merrill Lynch.
La banque américaine a enfin mis l’accent sur le recul de l’activité économique au cours du premier semestre de 2011, soulignant que l’instabilité sur le plan régional a largement affaibli la confiance des consommateurs et des investisseurs, affectant en outre les secteurs touristique et commercial.

