Des blindés munis de canons antiaériens aux entrées de Homs,entièrement quadrillée depuis hier par l’armée syrienne. Photo YouTube
M. Lyall Grant a précisé que le texte demandait à Damas la fin immédiate des violences à l'encontre de l'opposition syrienne ainsi que la levée du siège des villes assiégées par l'armée dont Jisr el-Choughour et Homs. Le texte appelle aussi à la vigilance dans les livraisons d'armes au régime syrien, exige que Damas coopère à une enquête du Conseil des droits de l'homme de l'ONU et réclame la libération des prisonniers politiques, selon un diplomate. Mais il ne menace Damas d'aucune sanction, à la différence de la résolution adoptée en mars contre la Libye.
Ce projet aurait été amendé pour contrecarrer un éventuel veto de la Russie. Moscou a plusieurs fois fait savoir son hostilité à une résolution condamnant la Syrie, un allié-clé. Elle n'a toutefois pas parlé de veto. Le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov avait toutefois laissé entendre que son pays restait opposé à l'adoption d'une telle résolution. « Nous estimons que le travail doit avoir pour but de résoudre les problèmes par des moyens politiques et non de créer les conditions d'un autre conflit armé », a-t-il déclaré.
En revanche, les États-Unis ont apporté leur soutien au projet franco-britannique. « Nous soutenons la recherche d'une résolution du Conseil de sécurité à propos de la crise en Syrie et nous essayons de convaincre d'autres membres du Conseil d'en faire autant », a déclaré le département d'État.
À Londres, le Premier ministre David Cameron avait annoncé plus tôt que son pays et la France allaient déposer ce projet, en évoquant des informations « crédibles faisant état d'un millier de morts et jusqu'à 10 000 personnes emprisonnées » depuis le 15 mars. « Si quelqu'un vote contre cette résolution ou tente d'y opposer son veto, il devra en référer à sa conscience », a-t-il ajouté.
Toujours sur le front diplomatique, le mystère autour de la démission de l'ambassadrice de Syrie en France semble s'être quelque peu éclairci. France 24 a déclaré hier avoir été vraisemblablement victime d'une manipulation ou d'une provocation. « Il faut dire que jusqu'au moment où l'interview face caméra a été diffusée sur BFM, très tard hier soir, il n'y avait aucune raison de remettre en question la crédibilité du témoignage », a déclaré sur France Info Renée Kaplan, directrice adjointe de la rédaction de France 24. Une femme disant être la représentante du régime de Damas à Paris, Lamia Chakkour, avait annoncé sur la chaîne publique internationale qu'elle démissionnait de ses fonctions. Mais l'ambassadrice de Syrie en France avait démenti par la suite, devant une caméra de BFM-TV et dans les locaux de l'ambassade, avoir démissionné, accusant une femme de s'être fait passer pour elle et menaçant de porter plainte.
Sur le terrain, la situation était toujours tendue, des habitants fuyant en grand nombre Jisr el-Choughour. Certains habitants ont pris le chemin de la Turquie voisine. Près de 500 ressortissants syriens ont été installés dans des tentes du Croissant-Rouge dans le district de Yayladagi dans la province frontalière d'Hatay. « À ce stade, il n'est pas question pour nous de fermer les portes » (la frontière), a souligné le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, exhortant une nouvelle fois l'administration syrienne à faire les réformes réclamées par son peuple.
« Des forces militaires ont été aperçues à 15 km de Jisr el-Choughour. Les habitants continuent de fuir par peur d'une grande opération militaire », a souligné le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdel-Rahmane. « Il n'y a pratiquement plus personne », a indiqué un militant sur place. Selon la page Facebook Syrian Network News (SNN), des hélicoptères survolaient la ville. Des officiers ont en outre fait défection pour avoir reçu l'ordre de tirer sur des manifestants non armés dans cette localité, toujours selon SNN.
Plus au Sud, à Homs, des chars sont entrés dans plusieurs quartiers où des manifestations sont souvent organisées, selon le militant syrien. Talbisseh a de son côté été encerclée par les chars.
Face à ces violences, des Syriens se sont mobilisés apportant leur soutien aux habitants de Jisr el-Choughour, notamment dans la localité de Chaalan, à Damas, où près de 70 jeunes ont manifesté, avant d'être violemment dispersés par les sbires du régime, d'après SNN. Dans la soirée, à Alep, une manifestation de soutien à également eu lieu. En outre, dans les villes de Maarat an-Naaman, Khan Sheekon et Moork, des habitants ont brûlé des pneus pour empêcher les tanks de l'armée de rentrer à Jisr el-Choughour, toujours selon la page Facebook de l'opposition.
Le chef du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, a jugé de son côté profondément préoccupant le grand nombre de Syriens fuyant la répression et souligné la nécessité d'aider ces réfugiés au Liban et en Turquie.
(Source : agences et rédaction)


