Audiences : Android rattrape son retard
iPod Touch, iPad, iPhone... environ 120 millions de terminaux fonctionnant sous iOS, le système d'exploitation mobile d'Apple, sont utilisés dans le monde. En France, environ 4 millions d'iPhone seraient en circulation. À titre de comparaison, l'Hexagone compterait 1,5 million de terminaux Android. La situation actuelle donne donc encore l'avantage à l'iPhone. Mais elle pourrait ne pas durer. Grâce à une stratégie multi-terminaux, Android se développe fortement en Europe. Samsung, l'un des principaux fabricants de téléphones mobiles, est notamment «responsable de l'essor d'Android en France», selon Renaud Ménérat, PDG de UserAdgents.
Aux États-Unis, la tendance semble déjà s'inverser au profit d'Android. En novembre 2010, le système d'exploitation mobile d'Apple représentait toujours 28,6% du marché des smartphones devant BlackBerry (26,1%) et Android (25,8%). Mais la croissance de la part de marché de l'iPhone a connu un ralentissement entre juillet et novembre (+0,7 point), alors que celle d'Android a explosé (+10,8 points). Le système d'exploitation de Google a d'ailleurs détrôné l'iPhone en matière d'activation de nouveaux terminaux: entre juin et novembre 2010, 40% des smartphones achetés étaient équipés d'Android, contre 26,9% pour l'iPhone.
L'utilisateur d'iPhone, un vrai consommateur
L'App Store d'Apple, qui a été la première place de marché d'application à exploser, dispose naturellement d'une certaine avance sur ses concurrents avec environ 330000 applications. Mais là encore, Android rattrape son retard: la place de marché de Google, qui dispose d'environ 220000 programmes à télécharger, enregistre entre 20000 et 30000 nouvelles applications par mois, contre 18000 à 20000 pour l'iPhone. «D'ici à un an, il pourrait y avoir plus d'applications Android que d'applications iPhone», estime Renaud Ménérat, PDG de UserAdgents.
En revanche, l'App Store reste incontournable pour qui espère rentabiliser son application en la faisant payer. Selon l'institut britannique Gartner, neuf ventes d'applications sur dix en 2010 ont été réalisées sur la boutique d'Apple. Android se partage la dixième vente avec les autres OS (BlackBerry, Windows Phone, etc.). «D'une manière générale, un utilisateur iOS achète deux fois plus d'applications et de contenus qu'un utilisateur Android, explique Renaud Ménérat, de UserAdgents. Le possesseur d'iPhone est un vrai consommateur.»
Places de marché: peut mieux faire des deux côtés
Derrière la compétition que se livrent Google et Apple sur le marché des OS mobiles une autre bataille s'opère: celle de deux conceptions de la distribution d'applications. D'un côté, l'App Store, réputé pour sa fermeture due au contrôle exercé par Apple. De l'autre, Android Market, plus ouvert, qui permet donc plus de libertés aux éditeurs d'applications.
À première vue, l'ouverture d'Android semble profiter à Google. Mais la quasi-absence de contrôle des applications soumises par les développeurs entraîne cependant la présence dans l'Android Market d'un grand nombre de programmes inutiles, voire potentiellement dangereux pour les terminaux. De quoi décrédibiliser la qualité globale du service fourni par cette boutique. «Les critiques sont nombreuses concernant la validation des applications par Apple. Mais c'est aussi ce contrôle qui fait la qualité de l'App Store en imposant un niveau minimum rassurant pour l'utilisateur», rappelle Paul-Louis Belletante.
L'App Store, comme Android Market souffrent tous deux d'un défaut: le manque de possibilités pour les éditeurs de payer pour mettre leurs applications en avant. Avec plusieurs centaines de milliers d'applications chacun, il devient de plus en plus difficile d'émerger dans les classements des téléchargements sans l'appui d'une campagne de communication en dehors du store lui-même. Seules les mises en avant «éditoriales», décidées arbitrairement par Apple et Google, permettent à une application de gagner en visibilité. «Il est surprenant que ni l'un ni l'autre n'aient pas encore monétisé leur store», remarque Renaud Ménérat, de UserAdgents.
Publicité : Google mène la danse
Android n'est pas démuni en matière de leviers de monétisations d'applications. Google, qui tire déjà l'essentiel de ses revenus de la publicité, profite également du potentiel de la réclame sur mobile. La publicité est en effet relativement bien acceptée par les utilisateurs d'Android, en contrepartie d'un plus grand nombre d'applications gratuites. «On observe de meilleures performances de la publicité sur Android et le marché du search sur mobile reste tiré par Google en France», note Renaud Ménérat, de UserAdgents.
Certains acteurs n'ont pas hésité à adopter le modèle publicitaire sur Android. L'éditeur de jeux Rovio, devenu célèbre pour son jeu «Angry Birds», a par exemple pris en compte cette différence pour porter son titre phare sur Android: après l'avoir initialement sorti sur iPhone en version payante, l'éditeur a choisi de le lancer sur Android en version gratuite, financée par de la publicité.
Reste que la publicité sur mobile doit encore faire ses preuves. Avec des taux de clics moyens pouvant aller jusqu'à 1,5% hors formats interstitiels (les taux de clics moyens des interstitiels se situent entre 10 et 15%), la publicité sur mobile offre des performances honorables. Elles semblent pour l'instant essentiellement tirées par la nouveauté que représentent ces réclames, sur des supports sur lesquels les mobinautes n'ont pas encore les mêmes repères que sur le Web fixe. Selon une étude réalisée aux États-Unis par Harris Interactive pour l'agence de marketing mobile Pontiflex, 47% des mobinautes auraient déjà cliqué sur une pub mobile par erreur.
(Source : JDN)

