Dans les pays totalitaires, les hommes et les femmes qui s'expriment en manifestant franchissent les limites établies et suscitent, en représailles, des victimes dans leurs rangs.
Le combat pour la liberté ne peut se limiter à la seule violence. Il convient de s'affranchir à un moment donné de ce passage « obligé » pour une véritable politique d'ouverture de la part des autorités, que ce soit dans l'expression comme dans l'organisation de la vie de la société.
La démocratie autorisant le plus grand nombre à gouverner se situe par essence à l'opposé de la manière exclusive de gouverner de toute dictature. La force de cette dernière réside dans sa capacité d'oppression de toute opposition par le moyen militaire ou policier soumis à la volonté du « raïs » qui rétribue chacun en fonction de son degré d'allégeance.
Les mercenaires sont rémunérés en fonction de leur degré d'obéissance (à Kadhafi pour ce qui concerne la
Libye).
L'islamisme, une pensée religieuse, théologique et philosophique, même s'il paraît révolu et moyenâgeux, continue de représenter un courant sociétal et politique.
L'islamisme, comme la démocratie, n'est toléré par aucun régime, à l'exception de l'Arabie saoudite.
Le fondamentalisme (salafisme), par essence antidémocratique, est sollicité au Liban comme en Syrie par ceux-là mêmes qui veulent que la démocratie sorte de l'ombre.
Leur existence est constamment brandie comme menace à l'encontre de toute démocratie, à la fois par les autorités locales et par l'Occident.
Pour les contrer, l'on a toléré, quand on ne les a pas mises en place, les dictatures qui se voulaient laïques.
Tout pays arabe producteur de pétrole et connaissant, dans le cadre du «printemps arabe», des manifestations voit la révolution justifier un intérêt occidental supplémentaire, prenant quelquefois la forme d'une intervention militaire (OTAN en Libye) en plus du gel des avoirs des responsables.
Pour les autres pays, l'intérêt est davantage verbal ou économique quand ils bénéficient de l'aide financière de pays démocratiques.
L'armée et la police se soumettront à leur chef qui, à son tour, se soumettra à son supérieur hiérarchique, ce dernier, lorsqu'il est le dictateur, se voyant ainsi protégé.
Mais s'il est lâché, c'est pour être remplacé par quelqu'un déjà «formaté» et du milieu. Les opposants, en général, ne sont pas du milieu et n'ont aucune chance de l'être.
L'Assemblée constituante (Tunisie) nécessite des élites pour qu'elle soit formée. Elle dictera la nouvelle Constitution qui régira la nouvelle vie politique.
Le processus menant à la démocratie est long et le sentier est piégé.
L'espoir local suscité par ces «révolutions» est faible puisque ne pouvant mener ni à un changement radical des régimes, ni à une amélioration économique en faisant baisser le chômage, ni à de plus grandes libertés individuelles.
En revanche, ce qui peut advenir, c'est une diminution des répressions par l'ouverture de soupapes, une plus grande tolérance issue de ces régimes en place, qui, si elles s'établissaient dans la durée, pourraient voir émerger une élite qui prendra la tête de courants de pensées différents, de partis politiques d'opposition existant ou à créer qui pourraient s'exprimer lors d'élections libres.
Dans ces conditions, comment l'avenir peut-il être envisagé ?
Soit certains éléments influents du régime en place prennent, vis-à-vis de lui, leurs distances, formant une pseudo-opposition pour mieux revenir (Khaddam en Syrie). Soit par un changement de dictateur en desserrant la dictature (Syrie d'Assad). Soit l'armée prend le pouvoir et met en place un régime laïc qu'elle encadre (à l'image de la Turquie). Il existe aussi la possibilité d'un desserrage de la dictature avec le même dictateur (Syrie) ou encore l'avènement d'hommes politiques occupant des fonctions prestigieuses, très médiatisés (Amr Moussa ou Baradei en Égypte).
Que laisse présager pour ces pays et pour la région le brusque intérêt de l'Occident, et des USA en particulier, à l'égard de leurs régimes en général ?
La constante dans la politique américaine depuis 63 ans est sa proximité sans failles avec l'État d'Israël. Le président américain Obama vient de le rappeler d'une manière directe après avoir tenté de faire autrement sans y arriver. Il s'est fait rappeler à l'ordre par Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, en même temps qu'il appelait Palestiniens et Israéliens à revenir à la table des négociations en demandant que cela ne prenne pas des dizaines d'années supplémentaires pour y arriver.
Obama est en train de laisser pourrir la situation en se donnant bonne conscience (il est prix Nobel de la paix ?).
À la lumière de ce constat, comment pouvons-nous lire les événements, notamment de Syrie, qui est notre plus proche voisin, ainsi que leurs éventuelles répercussions sur le Liban ?
Une tentative de renverser le régime est en cours avec l'aide au moins matérielle des USA et des chaînes satellitaires arabes. Au Liban, le gouvernement, quatre mois après la désignation de M. Najib Mikati, n'est toujours pas formé sans que cela ne pousse ce dernier à la démission, comme si sa mission était de ne pas former ce fameux gouvernement.
Le blocage viendrait du général Aoun parce que ce dernier réclame le ministère de l'Intérieur. Les derniers événements - la démission du ministre de l'Intérieur Ziyad Baroud, les démêlés du ministre des Télécommunications Charbel Nahas dans l'affaire Ogero - viennent rappeler que des services de renseignements libanais ne sont pas contrôlés par leur ministre de tutelle.
Questions : Par qui ces services sont-ils contrôlés ? Y a-t-il une relation entre la non constitution du gouvernement libanais, les événements en Syrie, le discours occidental et américain, Ogero et certains services de renseignements libanais ?
La volonté des différents courants politiques palestiniens de s'unir (Fateh et Hamas), parlant d'une seule voix pour demander à l'ensemble des pays formant les Nations unies de reconnaître la Palestine comme pays indépendant, est une entreprise louable, digne du plus grand respect et non une entreprise vouée à l'échec comme aiment à la qualifier à la fois les USA et Israël.
L'unité palestinienne est à encourager et la reconnaissance de ce pays n'est plus à discuter.
La délimitation des 2 entités (Israël et la future Palestine) est à faire pour qu'elles puissent négocier (frontières d'avant le conflit de 1967). Dans ces conditions, Israël ne peut ne pas restituer des territoires occupés ! Il devient compréhensible que le Hezbollah veuille combattre l'entité sioniste. Un pays qui ne veut pas entendre parler d'une entité palestinienne viable est un pays qui sera combattu car la paix israélienne n'est pas une paix juste ; c'est un leurre. Faut-il continuer à discuter avec des illusionnistes ?

