« Nous avons vu des progrès », a expliqué Armando Peruga, responsable de l'initiative de l'OMS pour un monde sans tabac. « Même en Chine, nous commençons à voir un changement de tendance », a-t-il ajouté, expliquant que le taux de prévalence du tabac dans ce pays était passé de 54,5 % (de la population âgée de plus de 15 ans) en 2007 à 53 % en 2010. En Inde aussi, le nombre de fumeurs recule rapidement, se félicite l'OMS. Ainsi, le taux de prévalence est passé de 58 % en 2006 à 48 % en 2010, a relevé M. Peruga. Malgré ces tendances positives, le nombre absolu de fumeurs reste très élevé dans ces deux pays comme dans le reste du monde.
« Cette année, l'épidémie de tabagisme tuera près de 6 millions de personnes, dont 600 000 qui mourront de l'exposition à la fumée du tabac. D'ici à 2030, on pourrait atteindre 8 millions de décès, dont plus de 80 % dans les pays à bas et moyen revenus », a expliqué le responsable de l'OMS. Or, la consommation de tabac reste l'un des facteurs contribuant le plus à l'épidémie de maladies non transmissibles, comme les accidents cardiaques ou vasculaires cérébraux, ainsi que les cancers, qui sont responsables de 63 % du total des décès dans le monde. De même, près de la moitié des consommateurs de tabac finiront par mourir d'une maladie en relation avec le tabagisme.
L'OMS estime qu'un des éléments-clés dans la lutte contre le tabagisme est la Convention-cadre adoptée par l'Assemblée mondiale de la santé en 2003 et dont 172 pays sont devenus parties. Néanmoins, des pays comme les États-Unis, l'Indonésie et la Suisse n'ont pas signé cette Convention, qui oblige notamment les pays à interdire la publicité en faveur du tabac et la vente aux mineurs.
Or, comme l'explique le chef du secrétariat de la Convention, Haik Nikogosian, l'interdiction des publicités a un impact fort sur les niveaux de consommation.
« Les mesures les plus efficaces restent l'augmentation des taxes », souligne-t-il.
À quand la loi ?
Au Liban, une loi antitabac fait encore défaut. Le Liban, rappelons-le, avait ratifié en 2005 la Convention-cadre de l'OMS sur la lutte antitabac, mais n'a pas encore promulgué dans ce sens. En fait, un projet de loi a déjà été discuté au sein de la commission parlementaire de la Santé en 2006, mais reste toujours en examen au sein de la commission parlementaire de l'Administration et de la Justice.
Ce projet de loi comprend six grands chapitres relatifs aux définitions des produits et accessoires tabagiques, et de certains termes figurant dans l'ensemble du texte, à la vente des produits tabagiques, aux conditions de vente des produits tabagiques, à la publicité sur ces produits, aux moyens de contrôle de l'application de la loi et aux sanctions.
Ce projet de loi qui tarde à être promulgué suscite toutefois des remous parmi les restaurateurs qui dénoncent une certaine injustice envers quelques établissements du secteur. Le syndicat des propriétaires des restaurants, pubs et cafés émet des réserves concernant certaines clauses de ce projet de loi et appelle à exempter les restaurants et cafés libanais qui offrent le narguilé, un produit faisant désormais partie intégrante de leur menu.


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