Clémence Poésy interprète Jeanne D’arc dans le film de Philippe Ramos. Ce long-métrage sera présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.
"Jeanne la captive" se concentre sur la période où l'héroïne est faite prisonnière et vendue aux Anglais, qui permettait de mettre en scène le plus d'éléments inédits ou moins connus de son parcours, a expliqué le cinéaste sur une terrasse d'hôtel, face à la mer.
Pour ce troisième long métrage, qui fait suite à une adaptation de Moby Dick de Melville, Philippe Ramos s'est dit "une nouvelle fois attiré vers la spiritualité, l'infini, l'immensité du ciel". Mais là où le capitaine Achab "abandonnait les hommes", Jeanne, elle, "est abandonnée de tous", souligne-t-il.
La Pucelle "se dit le réceptacle de l'immensité du ciel, et cela m'interroge", dit-il, affirmant que là où un croyant pourra voir "le signe de Dieu", un non-croyant verra "un mystère du monde". La "part de sacré" dans le film "passe par la nature, le mer, les cieux, le bruit du vent, les éléments qui nous entourent et le rapport des hommes à cela", dit-il.
Philippe Ramos a aussi choisi ce personnage mythique, devenu "presque un genre de cinéma" en soi avec près d'une quarantaine d'adaptations, pour "lui enlever son armure qui la fige et s'approcher de la jeune femme".
"Ma Jeanne a une forme de sensualité", dit-il rappelant que la jeune fille était constamment plongée dans un monde exclusivement masculin, nourrissant sans doute les fantasmes.
Il a choisi Clémence Poésy, 28 ans, lors d'un casting classique, pour "porter cet infini et ce mystère" en filmant au plus près "son regard bleu, ses grains de beauté, sa beauté très moderne qui a quelque chose d'animal".
La comédienne, "intimidée par ce personnage sur lequel on a nécessairement plein d'a priori", s'est d'abord largement documentée. Comment jouer une Jeanne forte qui cherche aussi sans cesse à s'effacer ? C'est notamment en regardant "La leçon de piano" de Jane Campion et sa muette Holly Hunter, qu'elle a pris conscience que "le silence donne un grand pouvoir", confie-t-elle.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine