Jordan Ayewe, le jeune attaquant de 19 ans de Marseille, s’est une fois de plus montré décisif en inscrivant un but et en semant la zizanie dans la défense adverse grâce à son excellente complicité avec Reny et Cheyrou. Gérard Julien/AFP
Mais l'OM semble habité par sa mission de poursuiteur jusqu'au bout du printemps. Et si le titre devait lui échapper, il le devrait pour l'essentiel à une première partie de saison poussive. Une habitude maison. Car avec 36 points récoltés en 16 matches depuis janvier, contre 29 en 19 lors de la phase aller, la formation de Deschamps pouvait difficilement faire mieux.
« On ne peut s'empêcher de rêver. Maintenant, il faut être réaliste, notre espoir est infime », concédait le coach marseillais mercredi soir, au discours moins conquérant qu'après la défaite à Lyon dimanche (3-2), où il affirmait encore : « J'y crois ! ».
La victoire de Lille à Saint-Étienne, tenant l'OM à distance respectable, est passée par là... Pour autant, Deschamps ne devrait pas être lâché par ses hommes dans ce combat pour l'honneur qui pourrait être vain. Il lui faudra certes composer avec le cas Lucho Gonzalez. En proie à des ischio-jambiers douloureux l'ayant contraint au remplacement à la mi-temps, le milieu argentin, aux transmissions déficientes répétées, inquiète en effet. Ce n'est pas le cas d'un Cheyrou de nouveau rayonnant. Le milieu gauche a encore distillé mercredi deux passes décisives, comblant quasiment à lui seul les absences de Lucho dans ce domaine. Laissé pour compte en début de saison, il termine en trombe et s'affirme comme le patron technique de l'équipe.
Alors que son ami du vestiaire André-Pierre Gignac est désormais relégué su le banc quasi systématiquement, Cheyrou fait profiter sa vista et sa passe gauche aux deux jeunes loups de l'attaque, Jordan Ayew et Loïc Rémy. Le premier continue d'épater son monde.
À 19 ans, il aurait pu n'être qu'une simple comète dans le ciel de printemps marseillais. Mais depuis qu'il s'est installé dans la rotation - deux titularisations et deux entrées en jeu conséquentes lors des 4 dernières journées -, il s'est montré décisif. Ce qui dessine une prometteuse continuité dans la performance. Tout un symbole : pendant que le Vélodrome l'acclamait à sa sortie, il sifflait Gignac, son onéreux remplaçant. Buteur mercredi, il prend ainsi sérieusement date pour la saison prochaine, même si Deschamps tente de le protéger de l'emballement médiatique.
Rémy, lui, poursuit sa belle période. Auteur de son 12e but de la saison, il offre à Deschamps une polyvalence intéressante - à droite ou dans l'axe - qui en fait un titulaire indiscutable. À 24 ans, son pari marseillais est d'ores et déjà réussi. Une satisfaction à laquelle devra se raccrocher l'OM si le titre venait à s'évaporer.


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