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Liban - La Situation

Mikati au bord de la crise de foi(e) ?

Il faut se méfier des placides de très grande taille. Lorsqu'ils prennent conscience de leur condition de punching-ball à tout-va, ils deviennent imprévisibles. Carrément méchants - WikiLeaks ou pas WikiLeaks. Ils peuvent faire mal. Parce que, en ce moment, tout le monde ou presque adore taper sur Nagib Mikati (qui l'a tout de même bien cherché..), avec certes plus ou moins de conviction ou d'enthousiasme.
Du coup, les milieux de Verdun répètent à qui veut bien les entendre que le Premier ministre désigné est sur le point de s'énerver. De mettre toutes les parties face à leurs responsabilités. À commencer par ceux-là mêmes qu'il considère avoir débarrassés de Saad Hariri et grâce auxquels il revit son rêve de Sérail : les pôles du 8 Mars, unis comme les doigts de la main, malgré les geignements de Nabih Berry et l'atonie du Hezbollah, autour de l'obsession pour le ministère de l'Intérieur de Michel Aoun. Le chef du CPL a remartelé pour la énième fois hier sur son OTV sa monomanie, à tel point que d'aucuns commencent à se demander si les prochaines législatives, pourtant prévues pour le printemps 2013, ne seront pas déprogrammées et avancées pour août 2011...
Bien sûr, rien ne dit que cette exigence n'est pas un cache-sexe. Que derrière tout cela, il n'y a pas autre chose de bien plus gros.
Sauf qu'en attendant, Nagib Mikati et, avec lui, un Michel Sleiman décidément plus surprenant qu'il n'y paraît (la vraie-fausse bombe de l'officier Paul Matar à l'Intérieur pourrait s'avérer un petit bijou de stratégie...), savent pertinemment, plus de cent jours après la démission des ministres du 8 Mars du cabinet Hariri, qu'il est désormais grand temps de faire quelque chose.
Surtout que Nagib Mikati et, avec lui, Michel Sleiman, la moitié (au moins) des Libanais ainsi que la communauté internationale dans son ensemble préfèrent de loin l'avènement d'une équipe de technocrates entièrement concentrée sur les doléances des Libanais, sur la sanctuarisation de l'État, sur le respect des résolutions onusiennes.
En réalité, tout ce monde-là est un peu paumé. Un peu beaucoup. La translation est effectivement de taille... La Syrie, engloutie dans sa nuit noire, longue et plombée, a (mille) autres chats à fouetter. L'Iran, enferré dans sa guéguerre d'ayatollahs et les je-t'aime-moi-non-plus entre Khamenei et Ahmadinejad, avec des Iraniens impatients de relancer leur ré-évolution, se moque un peu, aujourd'hui, de ce qui se passe au Liban et le fait savoir. Rokon Abadi, l'ambassadeur d'Iran, a beau faire remarquer à sa hiérarchie que Nagib Mikati n'est peut-être pas the right man at the right place, personne, à Téhéran, ne l'écoute vraiment : il se contente de recevoir des troisièmes couteaux locaux, Talal Arslane et Najah Wakim par exemple. L'Arabie saoudite est elle aussi très occupée. Quant aux capitales occidentales, et quoi qu'en disent les porte-voix du 8 Mars, elles ont nettement d'autres priorités. Tous, enfin, restent encore assez tétanisés par la réconciliation interpalestinienne.
Les responsables libanais sont ainsi sans tutelle(s), sans précepteurs, sans guides, obligés de se débrouiller entre eux.
Tout le problème, ou quasiment, est là.
Et le seul à pouvoir catalyser une espèce de solution en, justement, plaçant chacun devant ses responsabilités reste Nagib Mikati - pas l'homme, mais le Premier ministre désigné.
C'est peut-être cela le problème. Sauf s'il se décide à lancer sa bataille de Verdun. Et la gagner.

Il faut se méfier des placides de très grande taille. Lorsqu'ils prennent conscience de leur condition de punching-ball à tout-va, ils deviennent imprévisibles. Carrément méchants - WikiLeaks ou pas WikiLeaks. Ils peuvent faire mal. Parce que, en ce moment, tout le monde ou presque adore taper sur Nagib Mikati (qui l'a tout de même bien cherché..), avec certes plus ou moins de conviction ou d'enthousiasme. Du coup, les milieux de Verdun répètent à qui veut bien les entendre que le Premier ministre désigné est sur le point de s'énerver. De mettre toutes les parties face à leurs responsabilités. À commencer par ceux-là mêmes qu'il considère avoir débarrassés de Saad Hariri et grâce auxquels il revit son rêve de Sérail : les pôles du 8 Mars, unis comme les doigts de la main, malgré les geignements de Nabih Berry...
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