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Liban - En Dents De Scie

Arithmétique(s)

Dix-septième semaine de 2011.
Même l'ombre tutélaire de Diana Spencer, plus statue du Commandeur omnipotente que jamais, même les deux milliards et demi de téléspectateurs, dont, sûrement, Anisa, Bouchra et Asma' el-Assad, même ce fameux mariage du siècle n'ont pas réussi à occulter l'énième boucherie du vendredi du régime syrien contre son propre peuple. Ni cette question à laquelle quasiment personne ne peut répondre : combien de dizaines de milliers de personnes le Baas, monstrueux cordon ombilical d'un État syrien-monstre, devra-t-il assassiner avant que la communauté internationale ne se décide à bouger ?
C'est bien gentil de remuer, via l'AEIEA, le dossier nucléaire syrien. Bien gentil aussi, par le truchement du Conseil des droits de l'homme, de voter l'envoi d'une mission d'enquête, qu'aucun pays arabe n'a approuvée à part la Mauritanie. Bien gentil toujours, de la part de l'administration Obama ou de l'Union européenne, d'imposer des sanctions en tous genres contre la famille régnante, à commencer par le cerveau présumé de la barbarie made in Syria, Maher el-Assad lui-même. Tout cela ne provoque(ra) à Damas qu'un froncement, à peine, de sourcils : les bains de sang peuvent tranquillement se poursuivre, les Hama et autres génocides se préparer dans la plus grande minutie entre une timidité occidentale hallucinante, une inadmissible myopie sino-russe et de biens criminels encouragements israéliens.
Surtout que Damas dispose d'une arme de dissuasion ultime : le terrorisme psychologique. Le régime syrien est un sacré maître chanteur. C'est nonchalamment et sans aucun état d'âme qu'il s'appuie sur la menace d'une guerre civile qui chamboulerait des années durant l'ensemble du Proche-Orient. Et dont l'intensité serait de loin supérieure à celle du conflit israélo-palestinien. Ce n'est pourtant pas à de vieux singes que l'on devrait apprendre à faire des grimaces ; pourtant, toute la planète ou presque continue de courber l'échine dans un retentissant no see/no hear/no speak. Certes, un changement drastique en Syrie sera tout sauf soft ; cela n'en reste pas moins une incontournable condition pour un règlement régional. Rien ne dit que cela provoquerait le chaos, avait tranquillement rappelé, entre 2005 et 2006, Walid Joumblatt.
Ceci dit, il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Pire suicidaire que le Liban. Un Liban qui n'hésite pas à se noyer, en public, dans une infinie schizophrénie - et ce ne sont pas les pauvres Nawaf Salam à New York et Najla Riachi Assaker à Genève qui diront le contraire : leurs contorsions au Palais de Verre et au Conseil des droits de l'homme de l'ONU sont de véritables cauchemars. Dont ne s'embarrassent aucunement les sbires des Assad au Liban, le 8 Mars en général et le ministre sortant des Affaires étrangères en particulier. Le cas Ali Chami est insensé : personne plus que cet homme n'a incarné à ce point et aussi impunément la diplomatie du mini-État du Hezbollah. Lequel Hezb est en train de se préparer, répète-t-on partout, à drastiquement changer la direction des projecteurs. À les braquer à l'ouest. Au Liban. Sur tout le Liban : au Nord (les Energa dans un Tripoli sunnito-alaouite parlent d'elles-mêmes), dans la capitale (les allergies sunnito-chiites ont centuplé depuis le 15 mars) et, bien sûr, au Sud, le long de la ligne bleue (la prophétie de Franco Frattini est encore toute chaude). Il y a juste une petite différence. Si le très pseudo-Richard III qu'est devenu Bachar el-Assad sait qu'il peut se permettre en parfait enfant gâté de brûler la terre syrienne avant que d'être obligé, au mieux, à prendre la route de l'exil, au Venezuela, à Cuba ou en Corée du Nord, les leaders du Hezb et leurs parrains iraniens, eux, sont conscients de ne disposer, en aucun cas, de ce luxe néronien.
Il n'y a pas que des fous au Hezbollah.

PS : en attendant, rien n'empêche de se demander ce qu'est en train de faire Daniel Bellemare.
Dix-septième semaine de 2011.Même l'ombre tutélaire de Diana Spencer, plus statue du Commandeur omnipotente que jamais, même les deux milliards et demi de téléspectateurs, dont, sûrement, Anisa, Bouchra et Asma' el-Assad, même ce fameux mariage du siècle n'ont pas réussi à occulter l'énième boucherie du vendredi du régime syrien contre son propre peuple. Ni cette question à laquelle quasiment personne ne peut répondre : combien de dizaines de milliers de personnes le Baas, monstrueux cordon ombilical d'un État syrien-monstre, devra-t-il assassiner avant que la communauté internationale ne se décide à bouger ? C'est bien gentil de remuer, via l'AEIEA, le dossier nucléaire syrien. Bien gentil aussi, par le truchement du Conseil des droits de l'homme, de voter l'envoi d'une mission d'enquête, qu'aucun pays arabe n'a...
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