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Moyen Orient et Monde

Damas lâche une carotte, mais pas le bâton

Syrie Dans un élan se voulant libéralisateur, le nouveau gouvernement syrien a approuvé, hier, des projets de loi pour la levée de l'état d'urgence et l'abolition de la Haute cour de sûreté de l'État. Dans la foulée, il a néanmoins annoncé une loi visant à réguler « le droit à manifester pacifiquement ». Quelques heures plus tôt, le ministère de l'Intérieur avait déclaré qu'il n'accepterait aucune nouvelle manifestation alors que le sit-in de Homs était violemment dispersé.
OLJ
20/04/2011
Le gouvernement syrien a annoncé hier une série de mesures censées desserrer son emprise sécuritaire sur le pays, tout en avertissant qu'il ne tolèrerait aucune nouvelle manifestation contre le régime. Dans une apparente tentative d'apaiser le mouvement de contestation, le cabinet a approuvé des projets de loi pour la levée de l'état d'urgence (en vigueur depuis 1963), l'abolition de la Haute cour de sûreté de l'État, une juridiction d'exception, et la réglementation du droit de manifester. Selon un haut responsable, le président Bachar el-Assad devra ratifier ce texte avant qu'il n'entre en vigueur, mais sa signature devrait être une formalité. Le Parlement doit tenir une séance extraordinaire du 2 au 6 mai pour approuver ces projets de loi visant à « libéraliser le régime », a indiqué un responsable syrien.
Selon un juriste international, la nouvelle loi régulant les manifestations, qui étaient interdites sous l'état d'urgence, signifie qu'il sera toujours « nécessaire de demander l'autorisation de la famille Assad pour manifester ». Un militant a rejeté l'initiative du gouvernement en disant que le président Assad aurait pu lui-même lever immédiatement l'état d'urgence. « Le gouvernement n'a nul besoin de décider quoi que ce soit (...) La levée de (l'état d'urgence) est entre les mains du président », a martelé Ammar Kourabi.
Cette annonce a, en outre, eu lieu quelques heures après l'émission par le ministère de l'Intérieur d'un communiqué sévère indiquant qu'il n'accepterait aucune nouvelle manifestation, « sous n'importe quel slogan ». Un communiqué qui a accompagné la dispersion musclée d'un sit-in à Homs. Des militants des droits de l'homme, faisant état de « tirs nourris », ont affirmé que les forces de sécurité avaient dispersé par la force des milliers de personnes qui réclamaient la chute du régime. Les autorités ont affirmé de leur côté que cinq officiers de l'armée et trois enfants avaient été tués ces dernières 24 heures par des « groupes criminels armés » dans la région de Homs. Le sit-in, qui avait été lancé lundi soir, devait durer jusqu'à la chute du régime, selon un militant. Malgré la violence des forces de sécurité, la page Facebook « Syrian Network News » (SNN) a lancé un nouvel appel à manifester à Homs aujourd'hui, après la prière de midi.
À l'École de médecine de Damas, des dizaines d'étudiants ont également manifesté pour réclamer « la fin du massacre » mais, selon des opposants, les forces de sécurité sont intervenues pour mettre fin à la manifestation. D'après SNN, 10 étudiants auraient été arrêtés.
À Deraa, les habitants ont rapporté que les forces de sécurité, absentes des rues ces derniers jours, ont fait hier leur réapparition. Plus de 2 000 personnes ont en outre manifesté à Banias après l'annonce du gouvernement sur l'état d'urgence. Ce rassemblement était organisé pour protester contre des propos des autorités qui avaient accusé lundi soir des « groupes salafistes » de mener une « rébellion armée » à Banias ainsi qu'à Homs. S'exprimant devant les manifestants réunis sur une des places de Banias, cheikh Anas al-Ayroute, une des figures du mouvement de contestation dans cette ville, a déclaré à l'adresse du ministre de l'Intérieur : « Aie le courage d'admettre que les chabbiha (nom donné aux miliciens accusés de tirer sur les manifestants) font partie des services de sécurité et de renseignements et travaillent sous leur égide », a-t-il ajouté. Les manifestations à Banias « vont se poursuivre pour réclamer la liberté », a-t-il ajouté. Selon le principal groupe syrien de défense des droits de l'homme, la répression du mouvement pour la démocratie a fait environ 200 morts depuis près d'un mois.
Dans ce contexte, Mark Toner, le porte-parole de la diplomatie américaine, a déclaré que « la violence là-bas continue de susciter une profonde inquiétude, et il est clair que le gouvernement doit engager d'urgence des réformes plus importantes et cesser d'utiliser la violence contre des manifestants pacifiques ». « Nous avons entendu beaucoup de mots et vu peu d'action » de la part du président syrien Bachar el-Assad, a-t-il ajouté.
(Source : agences)

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