Rechercher
Rechercher

Liban - Le Commentaire

L’armement : quel prix à payer, et quel avenir pour le Liban ?

L'armement hors légalité a causé la guerre de 1975. Le conflit sur la présence des troupes syriennes a allumé la révolution du Cèdre et le soulèvement de l'indépendance, après une série d'assassinats dont avaient été victimes le président Rafic Hariri et nombre de valeurs du pays. Quel prix le Liban risque-t-il de payer pour la persistance du différend sur l'arsenal du Hezbollah ?
La guerre de 1975 s'était terminée par l'accord de Taëf confirmant la tutelle de la Syrie dont les forces, complétant le nettoyage effectué à Beyrouth par l'envahisseur israélien, avaient expulsé les Palestiniens de Tripoli en direction de Tunis. Ces troupes syriennes ont dégagé le territoire libanais à l'issue d'une longue lutte d'indépendance entamée par le célèbre appel de l'épiscopat maronite lancé sous l'égide de Bkerké. L'instrument civil se composant alors de la Rencontre de Kornet Chehwane qui englobait uniquement des pôles chrétiens. Par la suite, des forces musulmanes se sont jointes au mouvement, à travers la Rencontre du Bristol.
Mgr Nasrallah Sfeir a donc reçu le titre de patriarche de la deuxième indépendance. Est-ce que Mgr Béchara Raï va devenir le patriarche veillant sur les fonts baptismaux d'un État du Liban digne de ce nom ? Un État de droit fort, souverain, indépendant, maître du territoire national dans son intégralité comme des armes, imposant à tous l'autorité d'une même loi.
Comment y parvenir avec la présence de cet armement du Hezbollah qui divise les Libanais ? Autant que jadis, et d'une façon mortelle, ils l'étaient sur l'armement des Palestiniens puis sur la présence militaire syrienne. D'abord, le volet chrétien : pourrait-il y avoir, à Bkerké, une rencontre quadripartite maronite en vue de voir comment parvenir à l'État de droit ? Dans la perspective d'un rassemblement national, englobant les partenaires musulmans. Pour donner corps et vie aux institutions de l'État, l'exécutif comme le législatif, qui n'ont toujours à l'heure actuelle qu'une existence étique, anémiée, de pure forme ou presque.
Il est évident que les efforts déployés pour des retrouvailles maronites doivent viser non pas un rabibochage de façade, une simple normalisation de relations personnelles, mais un accord de fond sur les constantes nationales. Et sur la nécessité de lutter ensemble pour l'État de droit.
Les leaderships chrétiens s'étaient tous dressés contre l'armement palestinien tourné vers l'intérieur. Mais ils s'étaient divisés au sujet de la présence militaire syrienne et de son maintien après le délai de deux ans fixé dans l'accord de Taëf. Certains d'entre eux avaient adopté les justifications des autorités locales dociles aux ordres de Damas qui proclamaient que la présence militaire syrienne restait légitime, légale, nécessaire et provisoire. Un provisoire qui s'est étalé de 1976 à 2005 ! Pour ces prosyriens chrétiens, l'occupation syrienne ne constituait pas une atteinte à la souveraineté nationale libanaise, du moment qu'elle assurait une sécurité sans laquelle il n'y aurait justement ni autorité publique ni souveraineté. Aujourd'hui, la question est de savoir si les leaders chrétiens peuvent s'entendre pour considérer que l'armement du Hezbollah, échappant au contrôle de l'État, toit commun, est bien hors légalité ? Ou s'il est également, retour au vieux refrain, légitime, légal, nécessaire et provisoire.
Dans le temps, quand on les interrogeait sur leur départ, les Syriens répondaient : « Quand les autorités ou le peuple libanais nous le demanderont. » Le Hezbollah ne va même pas jusque-là. Il refuse de désarmer, qu'on le lui demande ou non. Il refuse même qu'on lui adresse la question, puisqu'il rejette le comité de dialogue national et le débat sur la stratégie de défense. Hassan Nasrallah laisse entendre, dans sa dernière intervention télévisée, que l'armement du Hezb n'aurait plus lieu d'être une fois les Israéliens partis de Chebaa, de Kfarchouba et de Ghajar. Mais le numéro deux du parti de Dieu, Naïm Kassem, et nombre de ses dirigeants ne cessent de répéter que l'armement sera maintenu même après le retrait israélien, jusqu'à la conclusion d'une paix régionale globale et équitable, redonnant leurs droits aux Arabes. Certains radicaux du Hezb, faisant écho aux Iraniens, ajoutent même qu'il n'y aurait de désarmement qu'après la disparition de l'entité israélienne de la carte du Moyen-Orient !
Retour aux chrétiens : force est de constater que certains d'entre eux restent avec l'armement du Hezb. Donc, objectivement, contre le droit de l'État. Et du Liban.
L'armement hors légalité a causé la guerre de 1975. Le conflit sur la présence des troupes syriennes a allumé la révolution du Cèdre et le soulèvement de l'indépendance, après une série d'assassinats dont avaient été victimes le président Rafic Hariri et nombre de valeurs du pays. Quel prix le Liban risque-t-il de payer pour la persistance du différend sur l'arsenal du Hezbollah ? La guerre de 1975 s'était terminée par l'accord de Taëf confirmant la tutelle de la Syrie dont les forces, complétant le nettoyage effectué à Beyrouth par l'envahisseur israélien, avaient expulsé les Palestiniens de Tripoli en direction de Tunis. Ces troupes syriennes ont dégagé le territoire libanais à l'issue d'une longue lutte d'indépendance entamée par le célèbre appel de l'épiscopat maronite lancé sous l'égide de Bkerké....
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut