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Nos lecteurs ont la parole

L’exemple de Sami Solh

Par Samir AMIN
Mercredi 6 avril, un article rendant homage à l'ancien Premier minister Sami Solh publié dans an-Hahar, signé par l'ex-bâtonnier de Beyrouth Michel Khattar, a attiré mon attention. Me Khattar y revient sur l'attitude de Sami Solh lors de la révolte de 1958 soutenue par Gamal Abdel Nasser et qui a failli faire éclater le Liban encore naissant en États confessionnels. Il rappelle que Sami Solh est resté à son poste malgré les pressions, les tentatives d'assassinat, l'incendie et la destruction de sa maison, et surtout au peril de son assise politique en tant que chef sunnite prépondérant à Beyrouth.
Pour l'ancien bâtonnier, Sami Solh est l'exemple même de l'homme d'État qui fait passer ses convictions avant ses intérêts politiques.
Sami Solh savait, dit Michel Khattar, qu'il allait être discrédité, persécuté, en tenant tête à Nasser et aux tentatives de mettre le Liban sous la tutelle de la République arabe unie qui regroupa pour trois ans l'Égypte et la Syrie. Effectivement, Sami Solh, déjà huit fois Premier ministre, ne le fut plus après 1958, ayant été déclaré traître par ses coreligionnaires.
Cela aurait été pour lui la solution la plus facile que de démissionner ou de suspendre sa participation, comme l'ont fait certains qui lui ont succédé, non par conviction mais par peur de la vague populaire, meme si cela équivalait à mettre en danger les intérêts de la nation.
Pourtant au départ, Sami Solh entretenait de bons rapports avec les Officiers libres jusqu'au jour où Nasser a voulu s'immiscer dans les affaires intérieures libanaises en tentant de se débarrasser du president prooccidental Camille Chamoun.
On pourrait se demander pourquoi Me Khattar réveille des histories anciennes de plus de 60 ans. Eh bien, justement parce que l'époque nassérienne a été le début des coups d'État qui ont établi le règne des militaires dans le monde arabe (à part l'aventure de Hosni Zaïm qui ne dura que quelques mois en 1949) et qui précisément, soixante plus tard, ont été rejetés aujourd'hui par les peoples arabes en Tunisie, en Égypte, en Libye, au Yémen et peut-être en Syrie.
S'il n'y avait pas des hommes comme Sami Solh, et aussi la tenacité du président Chamoun, le Liban serait tombé peut-être en 1958 entre les griffes du sinistre Abdel Hamid Sarraj, l'exécuteur des œuvres nassériennes et l'architecte du régime des « moukhabarate » en Syrie.
Citant les qualitiés de l'homme qui lui ont valu de surnom de « Père des pauvres », il est intéressant de rapeler que Sami Solh, avant d'être un homme politique, a servi 22 ans comme magistrat et que c'est grâce à ses verdicts et à son soutien des plus faibles qu'il a forgé sa popularité.
Hommage donc à Michel Khattar qui nous rappelle que notre histoire est faite aussi de grands hommes et que, comme l'avait si joliment dit le journaliste Henri Moukheiber après le décès de Sami Solh en 1965 : « S'il y a un paradis pour les hommes politiques, baba Sami y est déjà. Espérons seulement qu'il ne s'y sente par trop seul. »
Mercredi 6 avril, un article rendant homage à l'ancien Premier minister Sami Solh publié dans an-Hahar, signé par l'ex-bâtonnier de Beyrouth Michel Khattar, a attiré mon attention. Me Khattar y revient sur l'attitude de Sami Solh lors de la révolte de 1958 soutenue par Gamal Abdel Nasser et qui a failli faire éclater le Liban encore naissant en États confessionnels. Il rappelle que Sami Solh est resté à son poste malgré les pressions, les tentatives d'assassinat, l'incendie et la destruction de sa maison, et surtout au peril de son assise politique en tant que chef sunnite prépondérant à Beyrouth.Pour l'ancien bâtonnier, Sami Solh est l'exemple même de l'homme d'État qui fait passer ses convictions avant ses intérêts politiques.Sami Solh savait, dit Michel Khattar, qu'il allait être discrédité, persécuté, en...
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