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Nos lecteurs ont la parole

Pourquoi je n’aurai pas participé au 13 mars...

Par Georges EL-BARMAKI
L'État est une victoire d'un peuple sur ses dirigeants. C'est ce qu'a représenté le 14 mars 2005, ce jour dont nous avions toujours rêvé. Mais le rêve n'a pas tardé à s'éteindre, détruit par les considérations politiques et confessionnelles étroites de nos leaders, et la révolution a ainsi été renversée.
Ce jour-là était une victoire, et nous avons demandé à ce que la révolution soit menée à bout. Mais voilà qu'on s'est retrouvés une fois de plus devant une nouvelle défaite et une nouvelle déception.
Pourquoi devrais-je alors participer à une « deuxième » révolte lorsque les buts de la première n'ont pas été atteints ?
Pourquoi devrais-je participer lorsque vous avez négocié les buts de la première, vous vous êtes alliés au Hezbollah, vous avez élu Nabih Berry deux fois, légalisé les armes, et accepté l'accord de Doha qui a renversé celui de Taëf ? Et vous faites votre mea culpa maintenant alors qu'il est déjà trop tard.
Malgré toutes les déceptions, vous avez gagné les élections législatives de 2009, et la majorité du peuple a réaffirmé son refus des armes du Hezbollah. Mais vous avez négocié et compromis les buts une fois de plus et vous avez formé un gouvernement dit « d'unité nationale ». Vous avez donné le tiers de blocage à l'opposition qui n'a pas tardé à vous faire un coup et a pris - même si par la force des armes - la nouvelle majorité.
Pourquoi avez-vous marchandé les valeurs et les « racines » ? Les martyrs de la seconde indépendance l'auraient-ils accepté ? Quoi leur dire ? Qu'avons-nous accompli durant les années qui se sont écoulées ? Pourquoi faire autant de concessions lorsque nous connaissons au préalable leurs projets de renversement ? Pourquoi revenir à la case départ ? N'aurait-il pas été plus facile de garder les mêmes convictions de 2005 et sans concession aucune ?
Je n'aurai pas participé au 13 mars parce que tout simplement, même si j'étais contre les armes du Hezbollah, je devrais proposer une alternative au lieu de lancer des slogans populistes vides de tout contenu. Nous en avons assez des slogans !
Je n'aurai pas participé au 13 mars parce que, même si je suis pour l'édification d'un État, vous ne m'avez pas encore proposé ce projet d'État, à part vos discours sentimentaux.
Il aurait été mieux de faire des propositions pragmatiques, accompagnées de solutions qui représenteraient la clé de voûte du projet d'État. Vous auriez dû penser répondre aux questions que le peuple libanais a à maintes reprises posées et qui sont :
- Quel Liban voulons-
nous ? Et sous quelle entité ?
- Quel rôle le Liban devra-t-il jouer dans la
région ? Le rôle de confrontation ou de neutralité positive, le rôle de pont entre l'Orient et l'Occident ou le rôle des axes régionaux et internationaux ? Le Liban-dialogue entre les religions et les civilisations ?
- Comment protéger notre indépendance et notre souveraineté à l'ombre des conflits régionaux sur notre terre et ailleurs (ayant peur d'en payer le prix encore une fois) ?
- Quelle Constitution voulons-nous pour le Liban et comment faire progresser l'accord de Taëf qui n'a ni construit un État ni permis la paix ?
- Quelle est votre solution pour intégrer le Hezbollah dans l'État et pour que l'armée ait le monopole de la violence légitime et de la défense des frontières ? Et comment l'armer ?
- Comment traiter avec les camps palestiniens et comment rendre les armes qui sont à l'intérieur et à l'extérieur de ces camps ?
- Quel est votre plan économique pour redresser le pays, diminuer la dette publique, créer des opportunités de travail, au lieu d'attendre les investissements et transferts étrangers pour soutenir notre économie agonisante ?
- Quelle est votre vision pour proposer de nouvelles lois et les développer, pour passer de partis régionaux et confessionnels à des partis nationaux non soumis à des agendas et idéologies extérieurs ?
Ces questions s'inscrivent toutes dans le cadre de l'édification d'un État, et je n'ai reçu de votre part aucune réponse durant les six années passées. Pourquoi alors participer à cette manifestation et pleurer sur les ruines ?

N.B. : Il est vrai que dans le contexte de cet article, ces questions sont adressées aux politiciens du 14 Mars, mais elles constituent aussi, toutes, un outil de réflexion pour les forces du 8 Mars qui n'ont rien proposé non plus et qui semblent s'attacher, chaque jour un peu plus, à un projet de sabotage du système libanais et de ses composantes.
L'État est une victoire d'un peuple sur ses dirigeants. C'est ce qu'a représenté le 14 mars 2005, ce jour dont nous avions toujours rêvé. Mais le rêve n'a pas tardé à s'éteindre, détruit par les considérations politiques et confessionnelles étroites de nos leaders, et la révolution a ainsi été renversée.Ce jour-là était une victoire, et nous avons demandé à ce que la révolution soit menée à bout. Mais voilà qu'on s'est retrouvés une fois de plus devant une nouvelle défaite et une nouvelle déception. Pourquoi devrais-je alors participer à une « deuxième » révolte lorsque les buts de la première n'ont pas été atteints ? Pourquoi devrais-je participer lorsque vous avez négocié les buts de la première, vous vous êtes alliés au Hezbollah, vous avez élu Nabih Berry deux fois, légalisé les armes, et...
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