pays? Qu'est-ce donc que cette classe politique que nous avons eu le malheur de nommer pour défendre nos droits de citoyens, nos malheureux droits bafoués, ignorés, occultés par nos responsables ? Remarquez, ils ont trop à faire pour s'occuper de nous : défendre leurs propres partisans, tirer à boulets rouges les uns sur les autres, insulter le camp opposé qui ne partage pas les mêmes idées, suivre le courant et le vent qui tourne, s'assurer que fiston, gendre, beau-fils ou allié aura « the right job at the right place », parce que fiston, gendre, beau-fils et compagnie ne sont pas dignes d'avoir un autre poste que la plus haute instance du gouvernement. Pensez-y, un petit portefeuille pour gendre ou fiston ! Quelle honte ! Ou l'Intérieur, ou rien ! Il y va de l'honneur et de l'intérêt de la famille et du clan. Car la politique dans notre pays est une question d'héritage et non de mérite ! Si papa était président, fiston le deviendra illico presto. Si beau-papa était général et commandant à une époque, beau-fiston (puisque fiston il n'y a pas) devra automatiquement suivre les mêmes traces, même si la politique pour lui n'est que du charabia. Après tout, il apprendra sur le tas. Et si le peuple a faim, il n'a qu'à attendre, ou à la limite, comme l'a si bien dit Marie-Antoinette : « Le peuple a faim ? Donnez-lui des biscuits » ! Nous aussi, nous pouvons manger des biscuits, nous éclairer à la bougie, payer impôts, taxes et factures deux ou trois fois (le gouvernement doit bien vivre), assister impuissants à la corruption et à l'injustice. Nous pouvons bien attendre. D'ailleurs, la corruption, la nouvelle majorité va s'en occuper. Ils vont nettoyer le pays, éliminer la corruption d'un coup de baguette magique et punir les méchants et le gouvernement qui ont mené le pays à la catastrophe. Car, eux, la corruption, ils ne connaissent pas. Entre-temps, la mascarade peut continuer, les insultes pleuvoir, le peuple crever de faim et le pays sombrer dans le chaos. L'honneur de gendre, fiston, beau-fils et fils
prime ! Les intérêts du peuple viendront ensuite.

