Le PDG du « Véritable Cherbourg », Jean-Pierre Yvon, fait avec son fils une démonstration de son parapluie pare-balles, le 30 mars 2011 à Paris. Jacques Demarthon/AFP
Les démonstrations effectuées devant les médias montrent que ce parapluie destiné aux puissants et VIP résiste aux attaques d'un tabouret, qui finira la bataille brisé en deux, tandis qu'une bouteille de champagne vide est rejetée à bonne distance.
« C'est un véritable bouclier qui permet de dérober à la vue la personne protégée, de parer aux jets d'objets contondants et aux pressions à distance d'éventuelles agressions », résume Jean-Pierre Yvon, le patron de la société Mapache, spécialiste du parapluie haut de gamme et luxe, sous la marque « Le Véritable Cherbourg ». Créé il y a quinze ans, « Le Véritable Cherbourg », basé dans le Cotentin (Normandie), travaille notamment pour le joaillier de luxe Cartier.
Le ParaPactum protégerait ainsi contre les jets de pierres, les attaques au pic à glace, les lames de couteau et pourrait même être utile contre les « tirs à balles réelles », selon son concepteur. Il permet aussi à la PME familiale, qui écoule entre 10 000 et 15 000 pièces par an pour un chiffre d'affaires d'environ 1 million d'euros, de sortir de l'anonymat.
Il a fallu un an de recherche à Jean-Pierre Yvon et son fils Charles, 24 ans et ancien étudiant en physique, pour créer ce parapluie à l'aide des matériaux utilisés en formule 1 et dans la recherche spatiale. Des entreprises françaises certifiées travaillant habituellement pour le nucléaire, la défense ou le spatial, principalement situées dans le Cotentin ou en Normandie, ont aussi pris part à la réalisation.
« Nous avons concrétisé notre imaginaire », se réjouit Jean-Pierre Yvon, la voix étreinte par l'émotion, lors d'une présentation à Paris.
ParaPactum a été testé en soufflerie par l'Institut aérotechnique de Saint-Cyr-l'École, avant de l'être ensuite par le Groupe de sécurité du président de la République (GSPR), qui l'a validé et adopté comme « dispositif déployable de protection ». Divers tests ont aussi été réalisés par l'unité d'élite de la police française (RAID).
Autant d'ingrédients qui le mettent hors de portée de toutes les bourses. Son prix, entre 7 000 et 11 000 euros, est prohibitif. En sus, outre de longs délais de fabrication - un mois minimum -, il faudra montrer patte blanche pour l'acquérir. « Il ne sera pas mis en vente en boutique. Il faudra en faire la demande par mail ou par téléphone en présentant ses documents d'identité pour des vérifications administratives préalables », explique Charles Yvon.
Le GSPR a déjà acheté une dizaine d'unités de ce parapluie « pare-balles », décliné en une vingtaine de coloris, dont les secrets de conception sont « ultraconfidentiels ». Des brevets et le nom de la marque ont été déposés.
Si elle ne s'est pas encore fixé un objectif de ventes, la PME normande espère que le sceau présidentiel va inciter d'autres chefs d'État et des stars à passer commande « très vite ».
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