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Liban - Le Commentaire

S-S : le réveil de la belle au bois dormant

Pareillement sous forte pression à cause des secousses qui électrocutent leur univers, l'Arabie saoudite et la Syrie, un moment distanciées après l'échec de leur médiation commune, ont repris langue. Presque fébrilement d'ailleurs, avec des échanges urgents de messagers. Car elles se sentent également menacées, le royaume par ricochet, à la suite des troubles de Bahreïn, où il a dû intervenir, et des combats au Yémen. La Syrie en son for intérieur même, avec le soulèvement de Deraa-Lattaquieh.
Dans ces conditions, il est évident que le Liban n'est plus au centre de leur intérêt commun. Mais elles ne s'en préoccupent pas moins assez considérablement, car elles craignent que les Libanais, laissés à eux-mêmes, ne finissent par s'étriper et leur causer ainsi du tort. Ouvrant la voie à une confrontation confessionnelle, singulièrement entre chiites et sunnites aux conséquences régionales effroyables.
Et c'est dans cet esprit que la Syrie, pourtant alliée organique de l'Iran chiite, et cotutrice du Hezbollah, a approuvé l'entrée des forces du CCG diligentées par l'Arabie saoudite à Bahreïn. Les remerciements d'usage n'ont pas tardé : le roi Abdallah a été l'un des tout premiers à proclamer son soutien au président Bachar el-Assad face aux contestataires syriens.
Les deux re-partenaires ne veulent donc pas que la crise ministérielle libanaise ne tourne au poison. Mais, en même temps, ils estiment que toute solution bâclée à la va-vite ne produise un cabinet bancal, aux décisions catastrophiques. C'est-à-dire, en termes clairs, un gouvernement monochrome qui, à cause du TSL mais aussi de l'armement du Hezbollah, conduirait le Liban à rejeter ses engagements internationaux. Et à se mettre au ban de la communauté internationale en cessant de respecter les résolutions 1701 et 1757. En s'attirant les foudres des Occidentaux, Américains en tête. Ce que ni Damas ni Riyad ne souhaitent, dans la conjoncture agitée actuelle.
Les deux capitales rejoignent sur ce point le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, qui ne cesse de certifier, devant les diplomates qu'il rencontre, sa volonté de veiller à ce que le Liban continue à honorer ses engagements internationaux. Indépendamment de toute considération juridique, ou de principe moral, il est évident que le Liban, financièrement exsangue, peut difficilement se passer des aides, militaires ou financières, sociales ou culturelles, onusiennes et autres, qui vont de pair avec l'accomplissement de ses obligations. Et dont il se trouverait évidemment privé au cas où il tournerait le dos au TSL et renierait la 1701. Sans compter qu'il risquerait en outre de se voir infliger des sanctions diverses.
À partir de là, et des contacts syro-saoudiens renouvelés, la persistance du blocage sur le plan ministériel suscite bien des interrogations. Elle ne se justifie plus par le clivage vertical, du moment que le 14 Mars a tiré son épingle du jeu, en refusant de participer à un cabinet qui serait, de fait, aux ordres du Hezbollah, de l'Iran et de la Syrie. Ce sont donc les exigences du 8 Mars qui entravent la formation du cabinet.
Se voulant conciliateur sur le fond, le président Nabih Berry avait proposé que l'on dissocie le dossier global du TSL de l'acte d'accusation. Mais, devant la moue affichée par le Hezbollah, le président de la Chambre avait renoncé à militer pour cette idée consistant à désamorcer le problème explosif du TSL. Cela malgré le fait que la Syrie, tout en appuyant les revendications du Hezbollah, a bien nuancé sa propre position par rapport au tribunal international. Le président Bachar el-Assad a en effet précisé qu'il faudrait accepter un acte d'accusation qui s'appuierait sur des preuves solides, bien démontrées. Il a ajouté qu'il devrait y avoir un congrès de réconciliation interlibanaise, à Riyad ou ailleurs, pour tourner la page et consacrer la concorde, quelle que soit la teneur de l'acte d'accusation. Mais par la suite, la S-S s'est trouvée rejetée par Saad Hariri lorsque les médiateurs lui ont demandé de montrer patte blanche au Hezbollah, en s'engageant d'avance contre l'acte d'accusation.
Et l'armement du Hezbollah ? En principe, il devrait être traité dans le cadre d'un retour à l'orthodoxie internationale, c'est-à-dire à la 1701. Ou, à tout le moins, à cette tolérance tacite de l'ONU autorisant les Libanais à régler la question eux-mêmes, entre eux. Sous condition, évidemment, que l'armement soit placé en caisson de régulation, entendre qu'il soit sinon livré tout entier à l'État libanais, comme le veut la 1701, du moins placé sous la supervision rigoureuse de l'armée.
Pareillement sous forte pression à cause des secousses qui électrocutent leur univers, l'Arabie saoudite et la Syrie, un moment distanciées après l'échec de leur médiation commune, ont repris langue. Presque fébrilement d'ailleurs, avec des échanges urgents de messagers. Car elles se sentent également menacées, le royaume par ricochet, à la suite des troubles de Bahreïn, où il a dû intervenir, et des combats au Yémen. La Syrie en son for intérieur même, avec le soulèvement de Deraa-Lattaquieh.Dans ces conditions, il est évident que le Liban n'est plus au centre de leur intérêt commun. Mais elles ne s'en préoccupent pas moins assez considérablement, car elles craignent que les Libanais, laissés à eux-mêmes, ne finissent par s'étriper et leur causer ainsi du tort. Ouvrant la voie à une confrontation...
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