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Moyen Orient et Monde - Yémen

Saleh : un coup d’État engendrerait une guerre civile

Après les défections de hauts gradés, et alors qu'un incident entre une unité de l'armée et la garde républicaine était enregistré dans le Sud-Est du pays, le président Saleh a averti que tout complot pour précipiter son départ engendrerait une « guerre civile ».
Lâché par une partie de son armée, le président yéménite Ali Abdallah Saleh, dont le mandat expire fin 2013, a proposé hier « la tenue d'élections parlementaires avant la fin 2011, suivies de l'élection par les députés d'un président début 2012 », a affirmé un haut responsable yéménite qui a requis l'anonymat. Mais l'opposition a immédiatement rejeté cette offre : « Le peuple yéménite réclame le départ immédiat » du président, a souligné son porte-parole Mohammad al-Sabri. « Une seule chose pourra satisfaire le peuple, et c'est la démission de cet homme », a-t-il ajouté. Auparavant, le président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, avait mis en garde contre les risques de guerre civile. « Toute tentative de prendre le pouvoir par un coup d'État conduirait à la guerre civile », a-t-il ainsi déclaré à la télévision devant des chefs militaires, considérant que les divisions au sein de l'armée étaient « néfastes » pour le pays.
Dans le Sud-Est, dans la ville de Moukalla, un premier incident sanglant a d'ailleurs eu lieu lundi soir entre des éléments de l'armée régulière et des unités de la garde présidentielle, selon des témoins et des sources médicales. L'accrochage s'est produit quand des membres de la garde présidentielle ont tenté de déloger des soldats de l'armée régulière qui avaient pris le contrôle des abords du palais présidentiel. Un soldat de l'armée régulière et un membre de la garde présidentielle ont été tués, et trois militaires blessés, dont un officier de l'armée régulière. Et, dans le Nord-Est, des éléments tribaux ont pris le contrôle de la ville d'al-Jauf, proche de la frontière avec l'Arabie saoudite, après en avoir chassé les unités de la garde présidentielle, selon des dignitaires tribaux.
À Sanaa, des militaires et des fonctionnaires ont continué de se succéder devant les manifestants de la place de l'Université, épicentre de la contestation, pour annoncer leur ralliement à la « révolte des jeunes ». Des blindés d'unités militaires ayant fait défection ont été déployés autour de la Banque centrale, du siège du Congrès populaire général (CPG, parti présidentiel) et d'autres installations vitales dans la capitale. Mais des chars de la garde présidentielle et des forces spéciales ont pris position autour du palais présidentiel.
La contestation, lancée fin janvier, a pris de l'ampleur après la mort le 18 mars de 52 personnes dans une attaque contre des manifestants à Sanaa attribuée à des partisans du régime. Hier, des représentants des membres de la Ligue arabe ont condamné ces « crimes contre des civils » et exhorté les autorités yéménites à répondre aux demandes de la population de « façon pacifique ».
Lundi, M. Saleh avait sollicité la médiation de son influent voisin saoudien pour mettre un terme à la crise, mais celui-ci ne semble pas disposé à s'impliquer dans le sauvetage d'un régime qui semble condamné. Si le ministre des Affaires étrangères, Aboubakr al-Kirbi, est revenu les mains vides de Riyad, des chefs tribaux yéménites semblent être encore engagés dans des efforts de médiation. On ignore les détails de leurs propositions, mais ils semblent centrés sur une « transition » en douceur du pouvoir. Mais, dans ce pays aux structures fortement tribales, aucun successeur évident à M. Saleh ne semble se détacher. Cela n'a pas empêché Yassine Nomane, qui assure la présidence tournante de la coordination de l'opposition, de lui proposer hier une sortie digne : « Il ne doit pas faire comme Kadhafi en détruisant le pays et en tuant les gens. »
La tension au Yémen inquiète les États-Unis. « L'instabilité et le détournement de l'attention vis-à-vis d'el-Qaëda dans la péninsule Arabique sont certainement ma préoccupation première dans cette situation », a souligné hier le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates. Washington a vu jusqu'ici le président Saleh comme un allié dans la guerre contre le terrorisme et les affiliés d'el-Qaëda. Des émules d'Oussama Ben Laden sont actifs au Yémen et ont été impliqués dans des tentatives d'attentats contre les États-Unis en 2009 et 2010. Hier, selon un responsable local, 13 activistes d'el-Qaëda ont été tués dans des affrontements avec des soldats yéménites dans la province sudiste d'Abyane, un bastion du réseau.
(Source : agences)
Lâché par une partie de son armée, le président yéménite Ali Abdallah Saleh, dont le mandat expire fin 2013, a proposé hier « la tenue d'élections parlementaires avant la fin 2011, suivies de l'élection par les députés d'un président début 2012 », a affirmé un haut responsable yéménite qui a requis l'anonymat. Mais l'opposition a immédiatement rejeté cette offre : « Le peuple yéménite réclame le départ immédiat » du président, a souligné son porte-parole Mohammad al-Sabri. « Une seule chose pourra satisfaire le peuple, et c'est la démission de cet homme », a-t-il ajouté. Auparavant, le président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, avait mis en garde contre les risques de guerre civile. « Toute tentative de prendre le pouvoir par un coup d'État conduirait à la guerre civile », a-t-il ainsi...
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