Apparemment, ces régimes n'arrivent pas à comprendre que quelle que soit la pression qu'ils exercent sur les peuples, l'explosion ne peut plus être contenue. L'intervention des troupes nationales ou surtout étrangères pour mater les rebellions, que ce soit en Libye, au Yémen ou à Bahreïn, ouvre la boîte de Pandore et devient la source de tous les dangers.
Le premier danger est que les révolutions encore pacifiques se transforment en bain de sang qui ne s'arrêteront que quand les peuples auront obtenu satisfaction, quels que soient les sacrifices, car le sang attire le sang. Le second danger est l'éventualité d'un embrasement régional, peut-être même international, pour contrer l'intervention des forces armées étrangères. En refusant l'évidence, qui est la nécessité de l'introduction de certaines mesures démocratiques et l'octroi de leurs droits aux peuples dans la justice et la dignité, les dirigeants actuels appliquent la politique de la fuite en avant en espérant que la force résoudra les problèmes. Ils ne se rendent pas compte que les peuples sont déjà sortis de l'ignorance depuis belle lurette.
Or, les revendications des peuples sont basées sur la liberté et la justice. Aucune solution ne sera possible tant que ces deux éléments de base ne sont appliqués. Quels que soient les incitations et les simili-changements et maquillages que les dirigeants actuels - qui d'ailleurs croient que les ressources de leur pays sont leur propriétés propre - proposeront, ils n'étancheront jamais la soif de liberté et de démocratie auxquels ces peuples aspirent et ne feront qu'aggraver les dénouements en les rendant plus tragiques.
Les vents des changements soufflent et rien ne peut les arrêter.

