Je me permets de répondre à votre lettre car vous ne l'adressez pas à une personne en particulier, et comme je suis personnellement responsable de ma personne, je me vois obligé de répondre.
Dans votre lettre, vous utilisez des mots qui ne figurent plus dans le dictionnaire des Libanais, et que vous avez sûrement puisés dans des livres d'histoire ou d'archéologie libanaise, à moins que vous n'ayez fait des recherches profondes dans votre ADN (Ancienne dénomination nationaliste) pour les trouver.
- D'abord, vous parlez de « miracle », or ce mot n'existe plus au Liban depuis des décennies, le seul miracle possible, c'est qu'il y ait toujours des Libanais au Liban avec des irresponsables qui nous gouvernent de la façon que l'on sait.
- Vous parlez de rêver. Or depuis bien longtemps, le Libanais ne se permet plus de rêver, puisqu'il a pris l'habitude de prévoir tous les imprévus, et de bien lire les déclarations politiques, pour juger quelles en seront les retombées sur sa vie personnelle, afin de pouvoir prendre les dispositions nécessaires pour que lesdites retombées soient le moins néfastes sur lui, mais pas sur son voisin.
- Depuis plus de quarante ans, Beyrouth n'est plus quarantenaire. Sans vouloir la compromettre, elle est octogénaire, malgré les couleurs et autres fards utilisés pour cacher ses rides et sa laideur. Il n'y a que les rares rêveurs comme vous pour rêver encore de sa beauté.
- Le fleuve de Beyrouth n'existe que dans les livres d'histoire. C'est un égout à ciel ouvert que même les rats ont depuis bien longtemps abandonné.
- Vous parlez aussi de pêcheurs qui ramènent des poissons dans leurs filets. D'abord, les pêcheurs qui ramènent des poissons dans leurs filets n'existent que dans les livres d'histoire, chez nous, c'est à coups de dynamite. Et de quelle qualité de poisson s'agit-il ? De poissons qui nagent dans la pollution et les ordures, qui ont suffisamment de microbes pour, au cas où ils seraient encore vivants au moment de la pêche, les transmettre à tout être vivant assez stupide pour encore manger du poisson frais libanais (Ah ! Ce nationalisme libanais...).
- Enfin, vous vous demandez qui est responsable, et vous sortez une longue liste de votre livre d'histoire (ministre-sic, mohafez Machin, député Tartempion, président de municipalité marionnette...), « Personne » est le seul responsable au Liban, et si vous ne l'avez pas encore compris, c'est parce que vous vivez toujours dans vos rêves. Réveillez-vous bon sang !

