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Liban - Le Commentaire

Pas de gestion valable en présence des armes et sans État effectif

Tout est dans tout et réciproquement. On dit, et c'est vrai, que les gens ne se préoccupent pas de savoir qui va former le gouvernement, ou de savoir s'il va rassembler toutes les parties, mais qu'il ait du rendement. Qu'il traite leurs problèmes avec efficacité. Seulement, le hic reste que sans l'autorité d'un État souverain, il n'est pas de projet public garanti. Or, la révolution du Cèdre censée générer un tel État a avorté sous le forceps de l'armement hors légalité.
Dans ses Mémoires, le regretté président Élias Hraoui se targue d'avoir repris la république aux mini-États pour la redonner à l'État. Ce que la situation actuelle permet de contester. Tant qu'il y a des armes aux mains de fractions libanaises et non libanaises, face à l'État, il reste paralysé en cas de crise et de divisions politiques. Avec la persistance d'un danger de guerre civile, ainsi que du cadeau offert pour les immixtions étrangères.
Le patriarche Sfeir avait été le premier à mettre en garde contre le péril de l'armement hors légalité. Il a posé dès le départ la vraie question « qui peut garantir que cet armement ne serait pas tourné contre l'intérieur ? ». Les faits lui ont donné raison. L'émir Talal ben Abdel Aziz al-Séoud déclarait au Nahar en décembre 2009 : « Il faut voir comment le Hezbollah peut rassurer les Libanais que son armement ne sera pas utilisé à l'intérieur, mais contre Israël uniquement. En accord avec le gouvernement ou avec l'armée. Et si le Hezbollah refuse de se placer sous l'ombrelle du gouvernement ou de l'armée, on pourrait se contenter d'une solution médiane d'entente. En tout cas, deux armements, cela n'existe nulle part au monde. »
L'opposition du 14 Mars va livrer sous le gouvernement Mikati à venir la bataille de l'armement hors légalité. De son issue dépendra le passage à un État effectif ou l'éclosion de mini-États. Le gouvernement devra faire face, d'autre part, à la campagne que le 8 Mars veut déclencher pour l'abolition du TSL.
Les gouvernements précédents s'étaient dessaisis du débat sur l'armement. Ils avaient déféré le dossier devant le comité de dialogue national, pour éviter qu'une dispute à son sujet ne les fit sauter. Mais il n'y a eu qu'un dialogue de sourds, autour de la stratégie de défense face à Israël. Le Hezbollah a refusé de mettre son armement à la disposition de l'État, ou même de coordonner avec l'armée. Ses capacités restant liées à un agenda extranational. Dépassant même le conflit israélo-arabe pour s'intégrer dans ce que l'on appelle la lutte des axes.
Aujourd'hui, avec les bouleversements dans le monde arabe, on se demande quels objectifs vont être fixés à l'armement du Hezbollah. Quel emploi aurait-il dans le cadre de luttes potentielles entre des courants militant pour une évolution vers la démocratie, et les visées dictatoriales, militaristes, théocratiques ou fédéralistes de certaines parties. Quoi qu'il en soit, finalement le 8 Mars a tiré l'échelle et les conclusions qui conviennent, en annulant sa participation aux réunions de dialogue.
Des mouvements violents, partant de la base et dirigés contre les sommets, balaient, ou menacent, les socles de régimes établis. La vague de changement va-t-elle atteindre le Liban ? Son système risque-t-il d'être modifié par la force ? Va-t-on plutôt s'atteler à le changer par des voies pacifiques, en retenant l'enseignement du passé ? Et, dans ce cas, saura-t-on faire en sorte que l'armement hors légalité ne fasse pas tout capoter et ne paralyse pas le nouvel ordre public ? Devra-t-on comme lors de Taëf placer les Libanais devant le choix d'un nouveau pacte et le retour au canon ?
Nombre d'observateurs estiment qu'en tout état de cause, le traitement du dossier libanais devra attendre que le tableau régional et dans le monde arabe se soit définitivement décanté. Que l'on sache de quels régimes l'Égypte, Tunis, Bahreïn, Oman, le Yémen, l'Irak ou même la Jordanie vont finalement se doter. Que l'on voie si un front de confrontation dure contre Israël, se cristallisant sur la Syrie et l'Iran, va émerger ou non.
Tout est dans tout et réciproquement. On dit, et c'est vrai, que les gens ne se préoccupent pas de savoir qui va former le gouvernement, ou de savoir s'il va rassembler toutes les parties, mais qu'il ait du rendement. Qu'il traite leurs problèmes avec efficacité. Seulement, le hic reste que sans l'autorité d'un État souverain, il n'est pas de projet public garanti. Or, la révolution du Cèdre censée générer un tel État a avorté sous le forceps de l'armement hors légalité.Dans ses Mémoires, le regretté président Élias Hraoui se targue d'avoir repris la république aux mini-États pour la redonner à l'État. Ce que la situation actuelle permet de contester. Tant qu'il y a des armes aux mains de fractions libanaises et non libanaises, face à l'État, il reste paralysé en cas de crise et de divisions politiques. Avec la...
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