Plusieurs parlementaires avaient déjà appelé récemment à l'exécution de MM. Moussavi et Karoubi, devenus les principales figures de l'opposition réformatrice depuis la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009. Le chef de l'autorité judiciaire, l'ayatollah Sadegh Larijani, a répondu que la justice agirait « en tenant compte des intérêts du régime », soulignant que le pouvoir souhaitait éviter de transformer les deux chefs de l'opposition en « saints ». « Nous demandons aux organes concernés d'agir avec détermination (...) Les intérêts de la nation sont en jeu », a toutefois insisté hier le président du Parlement, Ali Larijani, frère du chef du pouvoir judiciaire.
Le rapport du Parlement affirme que « les troubles » du 14 février dernier étaient « un plan israélo-américano-britannique » et y voit également « l'intervention des ambassades étrangères » contre lesquelles il demande au ministère des Affaires étrangères de prendre des mesures. La plupart des capitales occidentales ont exprimé leur soutien à MM. Moussavi et Karoubi et condamnent régulièrement la répression contre l'opposition. Les autorités iraniennes accusent de leur côté les ambassades occidentales à Téhéran d'encourager les manifestations antigouvernementales. Le rapport parlementaire demande aussi le renforcement des mesures pour empêcher la réception des chaînes d'information satellitaires étrangères « utilisées pour diriger la sédition », et un contrôle accru des « réseaux Internet aux mains de l'empire médiatique sioniste ». La plupart des chaînes étrangères en persan sont déjà régulièrement brouillées, et les autorités bloquent des milliers de sites Internet dont ceux de l'opposition.
Deux hauts responsables judiciaires ont par ailleurs réaffirmé que MM. Moussavi et Karoubi n'avaient pas été emprisonnés, mais se trouvaient toujours à leur domicile, où les forces de sécurité les maintiennent au secret avec leurs épouses. « Les rumeurs sur le transfert en prison de MM. Karoubi et Moussavi sont totalement fausses (...) », a affirmé le procureur de Téhéran, Abbas Jafari Dolatabadi, à l'agence Mehr. « Ils sont à leur domicile et des restrictions leur ont été imposées dans leurs contacts », a confirmé le procureur général, Gholamhossein Mohseni Ejeie, à l'agence officielle IRNA. Les familles et les proches de MM. Moussavi et Karoubi affirment depuis lundi, en dépit des démentis officiels, que les deux dirigeants avec lesquels ils n'ont plus aucun contact ont été transférés vers un autre endroit inconnu et probablement emprisonnés. En outre, l'opposition a fait état hier de dizaines d'arrestations dans ses rangs la veille, lors de manifestations que les autorités ont passées sous silence.
(Source : agences)

