La Bourse de Tokyo a clôturé hier en forte baisse (-2,43 %), perturbée par les turbulences au Moyen-Orient. Toru Yamanaka / AFP
En forte baisse la veille (-1,38 %), sous le coup de l'envolée du pétrole, la Bourse de New York a, pour sa part, ouvert hier proche de l'équilibre, avant de repartir en légère hausse.
Pour Christian Parisot, économiste chez Aurel, « même si l'Arabie saoudite, premier producteur de produits pétroliers dans le monde, s'est engagée à assurer la stabilité du marché, les investisseurs demeurent inquiets et craignent toujours une pénurie ». Des craintes qui ont engendré hier matin une nouvelle envolée du baril au-dessus des 100 dollars en Asie. À New York, le baril a atteint 100,46 dollars, non loin de ses niveaux les plus hauts de la semaine dernière.
« La production pétrolière est actuellement au plus bas » en Libye, a reconnu hier le président Mouammar Kadhafi, qui a menacé de remplacer les compagnies pétrolières occidentales ayant quitté le pays par des sociétés chinoises et indiennes.
Les places financières des pays arabes du Golfe ont également glissé. À Riyad, l'indice Saudi Tadawul All-Shares Index (TASI) du premier marché arabe a fortement fluctué avant de clôturer à 5 323,27 points, en baisse de 3,9 %. Le TASI, qui a reculé de 6,8 % mardi, a cédé 20,6 % depuis début 2011. La Bourse de Koweït, deuxième marché arabe, a clôturé à 6 157,7 points (-2,6 %), son niveau le plus bas depuis octobre 2004. La Bourse du Qatar a cédé 3,6 %, accusant un recul de 11,8 % depuis janvier tandis que la Bourse de Dubaï a perdu 3,5 % à 1 374,43 points, son niveau le plus bas depuis sept ans. Enfin, la Bourse d'Abu Dhabi a abandonné 1,9 %, celle de Mascate 1,5 % et celle de Bahreïn 1 %. Les sept Bourses du Golfe ont perdu 110 milliards de dollars depuis le début de l'année. L'essentiel de ces pertes est survenu après les révoltes en Tunisie et en Égypte.
Pour Gordon Kwan (Mirae Asset Securities), « ce serait une erreur de se focaliser sur les risques engendrés par une éventuelle baisse à court terme de la production pétrolière. Le vrai problème, c'est la déstabilisation et les changements de régime éventuels dans tout le Moyen-Orient et toute l'Afrique du Nord ».
Car la contestation monte et se propage. « Le marché regarde de très près si les troubles se propagent à l'Iran », quatrième producteur mondial de pétrole, a déclaré Kazuhiro Takahashi, analyste chez Daiwa Securities Capital Markets.
Ces tensions croissantes dans la région poussent les investisseurs à privilégier les actifs perçus comme les plus sûrs, au premier rang desquels figurent le franc suisse et l'or. À cet égard, l'once d'or a enregistré un nouveau record, à près de 1 438 dollars, et le cours de l'argent s'est hissé à 34,90 dollars, son plus haut niveau depuis février 1980.
(Source : AFP)

