Chère Annie, vous manquerez au cinéma français follement... éperdument... douloureusement
OLJ /
le 03 mars 2011 à 00h29
Annie Girardot tire sa révérence. (DR)
Il y a de ces comédiens et comédiennes qui marquent le paysage cinématographique par leur passage. Leur présence n'est jamais banale, quelconque. Annie Girardot était de ceux-là. Si tous ses rôles avaient une saveur différente, pour moi Mourir d'aime demeurera l'un des films les plus touchants de ma jeunesse. Une professeur qui s'éprend de son jeune élève, un amour ostracisé par la société alors qu'aujourd'hui ces femmes qu'on appelle « cougars » se promènent et s'enorgueillissent auprès de leurs « toy boys ». Dieu que les temps ont changé et que le sens du mot amour a évolué. Un autre rôle qu'Annie Girardot avait campé récemment et qui m'avait profondément émue était celui où elle incarnait la mère d'Isabelle Huppert dans La pianiste. Annie Girardot était une grande actrice, que le cinéma français avait longtemps oubliée. Une mémoire déficitaire à laquelle elle avait finalement succombé elle-même. On ne peut que se remémorer cette apparition lors des Césars en 1996. En recevant son César du meilleur second rôle féminin dans Les Misérables, de Claude Lelouch, Annie Girardot, le visage en larmes, faisait cet aveu poignant en brandissant son trophée en main, comme une revanche : « Je ne sais pas si j'ai manqué au cinéma français mais à moi, le cinéma français a manqué. (...) Et votre témoignage, votre amour me font penser que, peut-être, je dis bien peut-être, je ne suis pas encore tout à fait morte. » Morte, jamais, chère Annie (permettez-moi de vous appeler ainsi) mais plus que jamais vivante et cet aveu d'amour résonnera à jamais dans les coulisses du cinéma.
Il y a de ces comédiens et comédiennes qui marquent le paysage cinématographique par leur passage. Leur présence n'est jamais banale, quelconque. Annie Girardot était de ceux-là. Si tous ses rôles avaient une saveur différente, pour moi Mourir d'aime demeurera l'un des films les plus touchants de ma jeunesse. Une professeur qui s'éprend de son jeune élève, un amour ostracisé par la société alors qu'aujourd'hui ces femmes qu'on appelle « cougars » se promènent et s'enorgueillissent auprès de leurs « toy boys ». Dieu que les temps ont changé et que le sens du mot amour a évolué. Un autre rôle qu'Annie Girardot avait campé récemment et qui m'avait profondément émue était celui où elle incarnait la mère d'Isabelle Huppert dans La pianiste. Annie Girardot était une grande actrice, que le cinéma français...
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