Hassan Mrad et Carmen Lebbos : des âmes perdues. (DR)
de Bahij Hojeij
Avec Hassan Mrad, Julia Kassar, Carmen Lebbos et Bernadette Hodeib.
Ramez est un de ces milliers de personnes qui ont été séquestrées durant la guerre et qui ont vécu un traitement d'incarcération traumatisant. Le voilà qui rentre chez lui après vingt ans de détention et de torture. Mais tout ne semble pas comme avant, ni pour lui, ni pour les autres membres de sa famille. Ses enfants, Nadia et Élie (qui ont plus de vingt ans), semblent se désintéresser de ses problèmes psychologiques. Sa femme, bien que très présente et aimante encore, a également à régler certains comptes personnels, et Ramez se retrouve comme un étranger auprès de cette famille qu'il a tellement aimée.
Beyrouth a également beaucoup changé et l'ex-détenu ne se retrouve pas dans ce cadre de liberté auquel il a tellement aspiré. Il va par hasard retrouver la femme d'un autre détenu présent avec lui en prison et les deux âmes esseulées vont se consoler l'une l'autre. Enfin, dans cet entrecroisement de vies brisées, une femme ponctue l'espace et le temps filmique. Filmée en noir et blanc (pour rendre l'atmosphère plus lourde et plus sombre), c'est Nayfeh Najjar, la journaliste d'as-Safir, qui implore, par lettres successives, les kidnappeurs de son fils de le libérer.
Bahij Hojeij signe là un film qui est encore d'actualité pour les Libanais. Mais à travers cette actualité, il brosse le portrait de familles démantelées, de personnes brisées et d'âmes cassées.
Soutenue par un très bon casting, cette belle œuvre a fait du chemin avant d'atterrir dans les salles beyrouthines. Prix du meilleur film au Festival international d'Abou Dhabi, Chatti Ya Dini a aussi été sélectionné en compétition officielle au 37e Festival international du film indépendant à Bruxelles, où l'acteur principal, Hassan Mrad, a emporté le prix du meilleur acteur. Tandis que le réalisateur Bahij Hojeig s'est vu décerner le prix du meilleur réalisateur au Festival arabe d'Oran. Le film, projeté également dans la section Panorama international lors du Doha Tribecca Film Festival, a également été très applaudi.
Stargate Zahlé, City Complex Tripoli
True Grit,
d'Ethan et Joel Coen
Avec Jeff Bridges, Matt Damon et Josh Brolin.
1870, après la guerre de Sécession, sur la frontière de l'Ouest américain, une fillette de quatorze ans, Mattie Ross, réclame justice pour la mort de son père, abattu de sang-froid pour deux pièces d'or par le lâche Tom Chaney. L'assassin s'est réfugié en territoire indien. Pour le retrouver et le faire pendre, Mattie engage Rooster Cogburn, un U.S. Marshal alcoolique mais, dit-on, rodé à ce genre de poursuites. Par ailleurs, Chaney est déjà recherché par LaBœuf, un « Texas Ranger » qui veut le capturer contre une belle récompense. À qui va rattraper le malfrat avant l'autre. Ce trio improbable va chevaucher durant des journées entières et l'héroïsme, le courage, la ruse et la persévérance seront au rendez-vous.
Les frères Coen signent là leur premier western (No Country for Old Men n'en était pas un, disent-ils. Il était simplement tourné au Texas).Ce film, adapté du roman de Charles Portis, n'est pas, selon eux, un remake du True Grit interprété par John Wayne en 1969, mais une autre version de l'histoire, le récit étant raconté selon le point de vue de la petite fille. Les Coen y apportent leur humour, leur façon de filmer les grands espaces et une certaine simplicité particulière. Quant aux acteurs, l'alchimie passe bien. À noter la prestation de la jeune Hailee Steinfeld, impressionnante dans son premier rôle. Un talent à suivre.
Grand Las Salinas Saïda Mall, Cinemacity, Empire Galaxy, Planète Abraj, Stargate Zahlé

