Des diplomates arabes imputent aux États-Unis une part de responsabilité dans les événements, les secousses, qui se précipitent et se propagent actuellement dans tout le monde arabe, Machrek et Maghreb confondus. Parce que les USA n'ont pas su imposer aux Israéliens la création d'un État palestinien viable, aux côtés de l'État hébreu. Washington n'a même pas été capable de contraindre Israël de cesser les colonisations, condition sine qua non de la reprise des négociations de paix. Car on sait qu'autrement Israël fixerait ses propres frontières définitives sans laisser d'espace suffisant pour un État palestinien. De plus, relèvent ces diplomates, les États-Unis poussent le parti pris systématique en faveur d'Israël jusqu'à opposer leur veto à la résolution de l'ONU préparée récemment pour condamner les colonisations israéliennes. Alors même qu'ils se déclarent eux-mêmes contre ces colonisations.
Toujours selon les diplomates arabes, la partialité américaine, jamais démentie depuis la création d'Israël, a provoqué une colère croissante chez les peuples arabes. De leur côté, les Palestiniens s'insurgent contre la volonté israélienne d'imposer un règlement signifiant leur capitulation. Ils ne cessent de répéter que seule une paix juste peut, en définitive, servir autant que la sécurité les intérêts de tous. Car les sommes astronomiques dépensées pour l'armement serviraient à promouvoir des projets régionaux de développement harmonisé, et d'exploitation des ressources, l'eau, l'or noir et le gaz en premier.
Un moyen efficace de lutter contre un paupérisme galopant, accompagné d'une disparité sans cesse croissante entre riches et nécessiteux. Par ce biais, du reste, une paix équitable susciterait l'érosion, puis la disparition au profit de la démocratie, des régimes tyranniques. Aussi bien les monarchies à despotes plus ou moins éclairés, que les systèmes totalitaires, champions des mascarades des scrutins remportés à 99,99 %, comme des successions dynastiques.
Il reste une question : comment éviter, dans le cas d'une démocratisation étendue, la coagulation de groupements d'intérêts, sous forme de partis, cherchant bien plus à exploiter les ressources publiques qu'à servir les gens ? Comment faire, en outre, pour que les conflits de pouvoir, inévitables entre de tels courants, ne déchirent pas le pays, voire ne l'entraînent pas à la ruine ?
Comment obtenir au Liban, où ce mal de la politisation mal comprise est si fortement enraciné, que les responsables des forces actives, plutôt que de se tirer dans les pattes, rivalisent de zèle dans le service du peuple ? Afin de réduire le chômage, de promouvoir la saine formation des jeunes et leurs chances d'emploi, pour freiner leur incessant exode vers des cieux plus cléments.
Cela fait plus de soixante ans qu'Arabes et Palestiniens sont en conflit avec Israël. Sans se trouver en mesure d'obtenir gain de cause par les armes. Car les rapports de force restent tellement en leur défaveur qu'une guerre se conclurait, sans aucun doute, par une fausse paix équivalant à une capitulation de leur part. Avec les pertes que cela implique.
On peut trouver là une des raisons de la colère des peuples arabes contre les régimes qui les gouvernent. Ils leur reprochent de n'avoir jamais rien fait pour que la nation arabe cesse d'être faible face à Israël. Mais aussi d'avoir entretenu une corruption, de plus en plus développée et inique, à leur profit, et à celui de leurs cours.


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