Rechercher
Rechercher

Liban - Le Commentaire

Cabinet : une option pratiquement écartée et deux autres qui s’avèrent problématiques

Comment va se composer le prochain cabinet ? Trois formules se présentent : melting-pot de nouveau, habillage monochrome, neutralité technocratique.
Le premier choix semble désormais condamné à 90 %. Essentiellement à cause des conditions inconciliables du 14 Mars et du 8 Mars. Ce camp refuse le tiers de blocage, qu'il imposait lui-même naguère. Reconnaissant ses torts sans vergogne, il fait valoir qu'un tel système paralyse l'État. Il ajoute, et là il a sans doute raison, qu'aucun gouvernement formé sur cette base ne peut assurer suffisamment de cohésion pour un rendement public efficace. Et pour traiter les pressantes préoccupations socio-économiques de la population. De fait, quand les ministres se regardent les uns les autres en chiens de faïence, ils ne cessent de se tirer dans les pattes, leur souci étant bien plus de contrer le camp adverse, d'en saboter les projets, que de produire.
Bref, le 8 Mars précise qu'en cas de nouveau cabinet dit d'union, les souverainistes ne pourraient y disposer que de 8 ou 9 maroquins sur 30. Les souverainistes répondent que dans un tel cas de figure, leur présence au gouvernement serait parfaitement inutile. Car ils n'auraient plus qu'à se soumettre à des décisions n'emportant pas leur adhésion ou à démissionner. Ils relèvent que le 8 Mars abuse : il s'est tout permis auparavant, quand il était dans l'opposition, et ne veut rien concéder après l'alternance. Ce qui est d'autant plus insupportable que le changement découle d'une spoliation démocratique, c'est-à-dire de la volonté des électeurs. Par suite d'un clair chantage, d'un racket armé. Pour couronner le tout, le 8 Mars, qui accusait le 14 Mars de rejeter le « partenariat national » lorsque ce camp dénonçait le blocage du pouvoir, affirme aujourd'hui qu'il n'est pas question de laisser la machine de l'État se gripper. Sans répondre à la main tendue par le 14 Mars avec promesse solennelle de ne garder en vue que le service public. C'est-à-dire que le 8 Mars refuse de croire, en fait, au véritable partenariat national.
La deuxième option, que défendent la plupart des cadres de l'ex-opposition, c'est le cabinet politiquement monochrome. Le 8 Mars y disposerait des portefeuilles principaux, dits souverainistes : l'Intérieur, la Défense, les Finances, les AE, la Justice, l'Économie. Il pourrait laisser des départements dits de service à des sympathisants non affilés. Mais il aurait en main les rênes du vrai pouvoir. Avec toutes les capacités de nuisance, ou de vindicte, que cela implique.
Mais, évidemment, ni le chef de l'État ni le Premier ministre désigné ne peuvent accepter de se retrouver réduits à des rôles pratiquement honorifiques. Non pas, d'ailleurs, pour protéger leurs prérogatives en tant que personnes, mais pour défendre la République, le système, la coexistence bien comprise et l'entité libanaise pluraliste. Le président de la République, gardien de la Constitution, risquerait, en cas de cabinet monochrome, de se retrouver en confrontation constante avec les ministres et de refuser d'en contresigner les décisions. Il a constitutionnellement le droit de prier le gouvernement de revoir sa copie, à chaque fois, ou de demander à la Chambre de se saisir des dossiers, pour trancher les litiges. Mais dans tous les cas, en exerçant son contrôle, le président se verrait vite accusé de prendre parti pour le 14 Mars.

Le troisième choix
Le troisième choix de Mikati serait de mettre sur pied une équipe de travail formée de technocrates. Il s'agirait d'apolitiques ou, tout du moins, de non-militants, car, dans ce pays, tout le monde a ses sympathies. Et, justement, un tel arrangement, visant à sortir de la crise politique, ne peut être adopté qu'avec l'approbation du 8 Mars majoritaire. Et de préférence du 14 Mars aussi. Pour garantir le vote de confiance à la Chambre.
Il reste qu'encore une fois, tout dépend de la Syrie et, à un degré un peu moindre, de l'Iran. S'ils veulent sortir les présidents Sleiman et Mikati du guêpier, ils peuvent recommander à leurs fidèles du cru d'accepter un cabinet neutre de technocrates. Mais nombre d'observateurs estiment que ces deux puissances n'ont pas favorisé le coup de force institutionnel au Liban pour se contenter ensuite d'un rôle de spectateur. Selon ces sources, l'axe d'acier ne peut atteindre son objectif, mettre le Liban politique sous sa coupe, qu'une fois le Hezbollah et ses alliés au pouvoir.
Comment va se composer le prochain cabinet ? Trois formules se présentent : melting-pot de nouveau, habillage monochrome, neutralité technocratique.Le premier choix semble désormais condamné à 90 %. Essentiellement à cause des conditions inconciliables du 14 Mars et du 8 Mars. Ce camp refuse le tiers de blocage, qu'il imposait lui-même naguère. Reconnaissant ses torts sans vergogne, il fait valoir qu'un tel système paralyse l'État. Il ajoute, et là il a sans doute raison, qu'aucun gouvernement formé sur cette base ne peut assurer suffisamment de cohésion pour un rendement public efficace. Et pour traiter les pressantes préoccupations socio-économiques de la population. De fait, quand les ministres se regardent les uns les autres en chiens de faïence, ils ne cessent de se tirer dans les pattes, leur souci étant bien...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut