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Culture

Mashallah news.com, la presse vue d’un autre angle

Nouveaux médias Ils sont cinq, ils ont 25 ans pour la plupart, ils n'habitent pas dans le même pays, mais ils sont tous passionnés de journalisme. Mieux encore, ils réfléchissent sur une (re)définition, de fond comme de forme, du journalisme. Ils ont lancé Mashallah news, site d'informations culturelles et sociales, il y a quelques mois tout juste.
18/02/2011
Pour mettre tout de suite les choses au clair, ce n'est pas un blog que Micheline Toubia, Ismaël Abdallah, Clément Girardot, Jenny Gustafsson et Isabelle Mayault ont posé sur la Toile. «Nous évitons la chronique, les éditoriaux, l'emploi du je d'une manière générale, sauf quand il s'agit de la transcription d'une expérience», expliquent-ils d'emblée. La liste de recommandations rédactionnelles envoyée à leurs correspondants témoigne de la maturité de leur conception d'un journalisme où la subjectivité hypertrophiée et non justifiée et les sujets éculés et mal cadrés n'ont pas leur place. Quand eux-mêmes prennent le crayon ou le clavier, ce qu'ils ont écrit est lu et corrigé deux fois par les trois autres - Ismaël Abdallah étant le graphiste du site - voire revu par un lecteur externe à l'équipe. «Nous tenons à un journalisme de qualité.» Pour revenir au fond, là aussi, Mashallah news essaie de se démarquer: «Nous nous intéressons à des sujets décalés, qui soient capables de retranscrire, de manière différente, nos vies un peu folles de tous les jours.» Ils n'hésitent pas non plus à dire que le point de vue de quelqu'un installé dans une ville étrangère est intéressant et apporte le neuf, la fraîcheur. Ce «journalisme de qualité» est né d'une alchimie qui a pris et a révélé la force de frappe du collectif, dans toute la noblesse de son acception. «Nous ne pensions pas, au tout début, que ça pourrait fonctionner. Nous avons échangé énormément de mails, réfléchi à beaucoup de choses qui nous semblaient essentielles. Or notre communication a été très bonne dès le début et nous avons toujours trouvé le chemin du consensus.»

À la recherche de nouveaux modèles de presse
Mashallah news se veut donc «une plateforme régionale, avec un zoom urbain», qui opère depuis Beyrouth, Alger, Le Caire, Casablanca, Damas, Dubai, Istanbul, Djedda, Ramallah et Téhéran. Avec un nom aux connotations drôles et positives, et qui se comprend en arabe, en turc et en persan, pour plus de fluidité. Et qui, peut-être, leur permet plus sûrement de s'éloigner de toute affiliation politique ou commerciale. «Nous avons eu des questions sur notre éventuel engagement auprès d'un parti ou d'un autre, et notre réponse a été très clairement négative. De même, un groupe de presse a proposé de nous financer, mais ses exigences nous coupaient de notre raison d'être, à savoir que nous voulons servir l'intérêt général et préserver notre liberté.» Le site Web publie en moyenne trois articles par semaine. D'une certaine manière, l'actualité brûlante des dernières semaines en Tunisie puis en Égypte a boosté le nombre de passages. «Le témoignage égyptien, qui participait à la révolution sur la place Tahrir, mais sans être frontal ou gratuitement agressif, a compté 1500 lecteurs et a véritablement lancé le site. Si bien que le mois de février est en train d'enregistrer 300 à 400 lecteurs quotidiens», expliquent-ils. La plupart des internautes leur viennent de Facebook, où ils ont leur page, et Twitter. «Nous sommes à l'époque du partage de page, ce qui est facile et rapide à faire.» Les journalistes, «à la recherche de nouveaux modèles de presse, dans la lignée de ce qui se fait par exemple aux États-Unis», combinent les informations longues et courtes, les secondes étant représentées par leur blog, accessible depuis la page d'accueil du site. Blog certes, mais réservé aux photos, toutes citées, toutes respectant le copyright de leurs auteurs. «Nous aimerions travailler avec un collectif d'artistes.»
Mashallah news existe aujourd'hui parce que chacun d'entre eux donne de son temps gratuitement au site. «Nous voulons continuer sans vouloir être obligés d'arrêter sous prétexte que ce journalisme empiète sur nos études ou nos métiers.» Pour pallier la menace et continuer à évoluer, l'équipe des cinq s'est donc retrouvée pour trois semaines à Beyrouth et a organisé, avec la collaboration gracieuse de DJs, une soirée de levée de fonds aujourd'hui, à partir de 21h00, à Zico House. En espérant devenir prochainement une organisation non gouvernementale basée à Beyrouth pour densifier le réseau de correspondants, pouvoir les rémunérer et éventuellement connaître sa version papier.

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