Mais la Syrie, répercutant favorablement les vues du Hezbollah, a tenu à lier l'événement à des engagements des parties libanaises concernant le TSL avant, et non après, la publication de l'acte d'accusation. En faisant valoir que la conférence de Riyad pourrait ne pas suffire pour endiguer les effets au Liban, sur le terrain ou en politique, de cet acte d'accusation. En pratique, la Syrie et le 8 Mars ont montré qu'ils veulent larguer le TSL et rejeter les conclusions de son parquet, quelles qu'elles puissent être.
Ce déni de la quête de la vérité et de la justice a, comme de bien entendu, été rejeté par le 14 Mars. Allant plus loin encore, ce camp, Courant du futur en tête, a demandé la prise de mesures déterminées, avant même la conférence, visant à initier un élan vers un État libanais de droit effectivement souverain. Allusion à peine voilée à l'armement du Hezbollah. Il s'agissait là, on s'en doute, d'une attitude prénégociatoire : ne rien lâcher sur le TSL, en cas de résolution à ce propos, sans contrepartie solide. Seule manière, avec la crise ministérielle qui sévissait alors, de bien assurer les arrières, et le leadership, de Saad Hariri.
L'on peut donc relever que chaque partie refusant de donner la première, le manque de confiance réciproque a coulé le projet de solution. En notant que la déconvenue est également le fruit du fait que nul ne peut être juge et partie, comme c'est le cas pour la Syrie.
Cependant, l'idée de base, des retrouvailles entre Libanais, n'est sans doute pas morte. Elle peut être reprise, réactivée, dès qu'un moment propice se présenterait. Au départ, c'est l'ancien vice-président du Conseil, Michel Murr, qui l'avait lancée, en octobre 2010. Il proposait une rencontre générale au palais de Baabda, pour le retrait commun des plaintes, sous les auspices du roi d'Arabie saoudite, du président syrien, de notre chef de l'État, libanais, du secrétaire général de la Ligue arabe, et en présence du commandant en chef de l'armée libanaise ainsi que du commandant en chef de la Finul. Le président américain et son homologue français auraient été représentés. Et surtout, élément hautement symbolique, les familles des victimes auraient siégé aux côtés des pôles du pays. Le pardon aurait été accordé, de toutes parts, pour tout le passé, avec ouverture d'une page nouvelle de pleine concorde nationale.
Tout comme en vue d'un État de droit fort, seul maître du territoire et des armes, pour faire régner la loi. Mais, en réalité, cette perspective empêche, on le voit aujourd'hui plus que jamais, le Liban de se remettre sur pied. Car son indépendance priverait nombre de parties extérieures, aussi bien Israël que l'axe Iran-Syrie, d'un atout capital. En regard, notamment, du front du Sud-Liban toujours semi-ouvert.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve